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Economie

La contestation sociale s’intensifie à la raffinerie Total de Grandpuits


Les salariés, en grève depuis le 4 janvier, ont voté la reconduction du mouvement. Ils contestent le projet de reconversion du site en unité de production de biocarburants et de bioplastiques.

La colère ne retombe pas à la raffinerie Grandpuits de Total. Les salariés du site situé en Seine-et-Marne, qui mènent une grève reconductible depuis le 4 janvier, ont voté jeudi à l’unanimité la reconduction du mouvement. Une nouvelle assemblée générale est prévue lundi prochain à 14 heures pour décider des suites à donner au mouvement. «Aujourd’hui, ce sont quasiment 100% des salariés en poste, c’est-à-dire ceux qui gèrent la production, qui sont en grève. Une partie des salariés des services support, comme la comptabilité, est en débrayage d’une heure ou deux par jour», précise Adrien Cornet, délégué CGT de Grandpuits.

«Pour l’instant rien ne se passe à l’intérieur du site. La production est arrêtée depuis plusieurs semaines pour des raisons matérielles et avec cette grève, nous avons mis fin à tous les travaux liés au démantèlement, comme le dégazage», précise Adrien Cornet. Les camions continuent en revanche de sortir du site pour acheminer le carburant.

Polémique sur les chiffres

Les raffineurs de Grandpuits, sont mobilisés depuis l’annonce par Total, en septembre dernier, de son intention d’arrêter le raffinage sur ce site d’ici fin 2023. Cette activité doit laisser place à un projet de reconversion centré sur la production de biocarburants et de bioplastiques, et à l’exploitation de deux centrales solaires photovoltaïques.

Selon Total, la reconversion du site de Grandpuits, dont le coût est estimé à 500 millions d’euros, ne doit entraîner aucun licenciement mais des départs à la retraite anticipée et des mobilités internes vers d’autres sites. La direction affirme que 250 postes sur les 400 que compte aujourd’hui la plateforme de Grandpuits et le dépôt associé de Gargenville, dans les Yvelines, seront maintenus.

Mais les salariés de Grandpuits, associés à ceux de Gargenville, n’y croient pas. D’après les calculs de la CGT, 700 emplois seraient sur la sellette. «Nous sommes 450 à travailler à Grandpuits et Gargenville, dont à peu près 50 intérimaires ou CDD que la direction ne comptabilise pas. Et il y a entre 700 et 1000 sous-traitants, selon les périodes. Au total, on va avoir 200 postes supprimés chez Total et 500 chez les sous-traitants», assure le syndicat. Ce dernier redoute par ailleurs des «mutations forcés». «Il y a un sous-traitant à qui on a trouvé un poste dans le 93. C’est à deux heures de chez lui. Et on lui a dit ‘c’est à prendre ou à laisser’», déplore Adrien Cornet.

De son côté, la direction affirme mener des négociations concernant les salariés et leurs mesures sociales d’accompagnement (MSA), prévues par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), depuis le début du mois de décembre.

Nouvelle échéance le 26 janvier

Selon les représentants syndicaux, les salariés ne sont pas opposés à un projet de reconversion mais pas dans ces termes. «On veut tous dépasser les énergies fossiles mais il faut penser à un projet réel de transition énergétique avec zéro suppressions d’emplois. Il ne faut pas que la transition soit un prétexte à la suppression d’emplois», estime Adrien Cornet.

Jeudi, les raffineurs ont affirmé qu’ils ne renonceraient pas à la lutte tant qu’ils n’auront pas obtenu gain de cause. «On fera des AG régulièrement pour décider des suites du mouvement», prévient Adrien Cornet. Les modalités du plan de sauvegarde de l’emploi seront présentées le 26 janvier lors d’un comité social et économique (CSE).



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