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Finance

La Covid-19 coûte 456 millions d’euros au réassureur SCOR



Publié le 23 juil. 2020 à 18h46Mis à jour le 23 juil. 2020 à 19h02

Le Covid-19 laisse sa marque sur les comptes du réassureur SCOR après les avoir épargnés au premier trimestre. Le groupe français dont le métier consiste à assurer les assureurs, a chiffré le coût de la crise à 456 millions d’euros et a enregistré cette charge dans ses résultats du deuxième trimestre présentés jeudi.

Même si la pandémie a provoqué un « choc historique majeur », SCOR « l’absorbe », selon son patron. Ainsi, malgré une perte de 136 millions d’euros au deuxième trimestre, le groupe continue d’afficher une solvabilité deux fois supérieure aux exigences réglementaires (205 %). Après s’être développé depuis le début de l’année, le réassureur compte bien surfer sur les nouveaux besoins d’assurance et sur des augmentations des tarifs.

Pour l’heure les déclarations de sinistres reçues sont limitées. SCOR ne se fait cependant pas d’illusion. Après avoir passé en revue tout son portefeuille, il estime que ce sont d’abord ses activités de réassurance de dommages et de responsabilités qui vont le plus souffrir, avec une charge estimée à 248 millions d’euros.

Exposé à la mortalité aux Etats-Unis

Très peu exposé aux annulations d’événements, contrairement à d’autres réassureurs, SCOR devra entre autres faire face aux indemnisations des pertes d’exploitation des entreprises en Europe.

Le réassureur a par ailleurs inscrit dans ses comptes une charge de 194 millions d’euros au titre de ses activités de réassurance vie. Sur ce segment, il est surtout exposé à la mortalité aux Etats-Unis. Enfin, le groupe a enregistré 14 millions de dépréciations d’actifs au deuxième trimestre 2020 sur son portefeuille d’investissement.

Plus globalement, et malgré ses pertes du deuxième trimestre, le groupe est resté légèrement profitable sur les six premiers mois de l’année (26 millions d’euros). « On a crû pendant cette période, cela c’est assez extraordinaire », a fait valoir le PDG, Denis Kessler, alors que les primes émises ont augmenté de 1 %, à taux de change constants, par rapport au premier semestre 2019.

Augmentations tarifaires

Sur le marché de la réassurance de dommages et de responsabilités « nous pensons, comme d’autres acteurs du marché, qu’il y a un cycle positif qui s’est mis en place avec des augmentations tarifaires extrêmement fortes et des resserrements des conditions de ces contrats », a fait valoir Denis Kessler.

Le groupe s’attend également à ce que sa branche de réassurance vie profite d’une augmentation des demandes de couverture, notamment de la part des entreprises et s’attend au développement de nouveaux produits.

« Je crois que beaucoup de réassureurs se préparent à une demande de réassurance qui va aller en augmentant et le prix du risque va être réévalué », a expliqué Denis Kessler.

Jeudi, le titre du groupe a perdu plus de 4 % à la Bourse de Paris. SCOR, s’est dit prêt à suivre la recommandation des superviseurs financiers européens, relayée en début de semaine par le gendarme des banques et des assurances Français , l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR).

Celle-ci conseille aux institutions financières de s’abstenir de verser des dividendes jusqu’au début de l’année 2021. SCOR avait déjà renoncé au printemps à verser un dividende au titre de 2019 lors de son assemblée générale. A l’époque, le superviseur français avait déjà appelé les banques et les assurances à faire preuve de prudence compte tenu de la crise et donc à s’abstenir de rémunérer leurs actionnaires jusqu’à l’automne.

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