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Economie

La crise renforce les tenants d’un «revenu de base» pour les jeunes


Un comité d’experts, présidé par Louis Schweitzer, suggère de l’expérimenter pour les 18-24 ans les plus démunis.

Il faut «expérimenter sans délai» un «revenu de base» pour les jeunes de 18 à 24 ans «les plus démunis», a préconisé vendredi un comité d’experts chargé d’évaluer la stratégie anti-pauvreté du gouvernement. Cette prestation serait accordée «sous conditions de ressources» et «en prenant en compte la solidarité familiale, sous réserve que le jeune puisse en bénéficier», propose dans un rapport remis au gouvernement l’ancien patron de Renault Louis Schweitzer , président du comité d’évaluation de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté.

Les critères d’attribution seraient les mêmes pour les étudiants et les non-étudiants, ce qui reviendrait à fondre le système des bourses dans le nouveau dispositif qui coûterait de «5 à 7 milliards d’euros» par an, a précisé M. Schweitzer lors d’une conférence de presse.

«La crise sanitaire a souligné les limites» du système actuel qui rend les jeunes de moins de 25 ans – non éligibles au RSA- tributaires de petits boulots ou de l’aide de leur famille alors même que «les difficultés du marché du travail et les pertes de revenus des parents redoublent (leur) vulnérabilité», pointe le comité piloté par France Stratégie, un organisme rattaché à Matignon et chargé de conseiller le gouvernement. «La France est l’un des rares pays européens pour lesquels l’âge requis pour accéder au revenu minimum est plus élevé que l’âge de la majorité», s’étonnent les auteurs.

Alors que l’OCDE avait jugé le revenu de base peu efficace, et que ses opposants craignent qu’il ne dissuade les jeunes de chercher un emploi, le comité juge que de tels effets «ne sont pas confirmés par les travaux empiriques existants«. Au contraire, il convient, selon le comité, de se doter d’une politique de la jeunesse «plus ambitieuse«, permettant d’en finir avec la logique de « minorité sociale» à laquelle conduit le système actuel pour les 18-24 ans.

Dans ce rapport destiné à évaluer l’impact de la stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté, lancée par Emmanuel Macron à l’automne 2018, les experts suggèrent par ailleurs de mieux lutter contre le non-recours aux prestations sociales et de relancer la concertation sur la création d’un «revenu universel d’activité» (RUA) regroupant plusieurs minima sociaux. Mise à l’arrêt lors du premier confinement, en mars 2020, cette concertation n’a pas repris.

Étant donné les contraintes budgétaires des départements, le gouvernement devrait par ailleurs envisager «d’étendre» sa prise en charge du financement du RSA pour les collectivités en difficulté, comme il l’a déjà fait à Mayotte, en Guyane, à la Réunion et en Seine-Saint-Denis, suggèrent les auteurs.

«Il est encore tôt pour évaluer les effets des mesures» de la stratégie gouvernementale contre la pauvreté qui ne sont «pas encore pleinement montées en charge», estime par ailleurs le rapport. La revalorisation de la prime d’activité, augmentée de 90 euros par mois après la crise des «gilets jaunes», aurait permis une baisse du taux de pauvreté de 0,7 point, mais cette réforme ne concerne que les salariés percevant au moins un demi-Smic mensuel, observent les auteurs. Louis Schweitzer a par ailleurs regretté le fait que, selon lui, depuis l’éviction en juillet 2020 de l’ancienne secrétaire d’État Christelle Dubos, «le portage politique de ce sujet n’est plus incarné au gouvernement».



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