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Economie

La croissance de la Chine décélère au 2e trimestre


Les stigmates du Covid pèsent toujours sur l’horizon intérieur, incitant les classes moyennes à la prudence, sur fond de tensions géopolitique sino-américaines.

À Pékin

Après le rebond post-Covid en flèche, la reprise chinoise poursuit sa course en pente douce. La deuxième économie mondiale a enregistré une croissance de 7,9% au second trimestre, poursuivant son «redressement», selon les chiffres dévoilés jeudi par le Bureau national des statistiques (BNS), sur fond de reprise industrielle robuste, mais prudence des consommateurs et investisseurs dans un contexte international toujours plombé par la pandémie.

Un tassement attendu après une performance exceptionnelle de 18,3% au premier trimestre due au rattrapage de l’Usine du Monde, un anaprès la crise épidémique à Wuhan. La Chine affiche sa résilience, barricadée derrière sa grande muraille de la quarantaine, avec une croissance de 12,7% sur les six premiers mois de l’année, tirée par ses exportations et sa production industrielle. De quoi donner de l’air aux autorités, alors que la Banque Centrale avait donné un coup de pouce surprise au crédit la semaine dernière pour soutenir l’activité, trahissant la nervosité du régime communiste, obsédé par la stabilité sociale.

Nombreuses incertitudes externes

Entre avril et juin, le PIB du géant asiatique a progressé de 1,3% par rapport au premier trimestre, dessinant une reprise modérée tirée par sa machine industrielle, dans un contexte marqué par de « nombreuses incertitudes externes » a pointé le BNS. Alors que les Chinois ont retrouvé la vie sans masque depuis un an, les ventes de détails progressent à 13,9% au second trimestre, mais se sont tassées en juin à 12,1% par rapport au mois précédent. La production industrielle robuste s’est également ralentie le mois dernier à 8,3% contre 8,8 en mai.

« La stratégie de Pékin est l’inverse de celle de Washington. Biden tente la relance par la demande, alors que la Chine mise sur son offre industrielle » juge Zhang Lin, économiste indépendant à Pékin. Alors que les États-Unis, et l’Europe émergent laborieusement de la crise sanitaire, armés de plans de relance massifs, la Chine poursuit son redressement pas à pas, espérant profiter de la reprise de ses grands partenaires commerciaux. Mais les stigmates du Covid pèsent toujours sur l’horizon intérieur, incitant les classes moyennes à la prudence, sur fond de tensions géopolitique sino-américaines. « La production s’est redressée rapidement, surtout celles des entreprises publiques, mais la demande intérieure est relativement faible. Les entreprises hésitent à investir, tout comme les gouvernements locaux mettent le frein sur les projets d’infrastructures. Et les habitants sont réticents à dépenser » juge Zhang économiste à l’ancien think tank Unirule.

Ces résultats devraient néanmoins permettre à la Chine de tenir largement son objectif de 6% de croissance sur l’année 2021 annoncé en mars par le premier ministre Li Keqiang, et jugé prudent. Une cible en ligne avec le ralentissement structurel du géant, et la volonté affichée de Pékin de réduire son accoutumance à une croissance soutenue par des investissements publics massifs, souvent à perte, sur fond d’augmentation de la dette, et vieillissement de la population. Le géant devrait décrocher une croissance annuelle d’environ 8% prédisent les économistes, allant jusqu’à 8,4% selon le FMI.

Mais le second semestre s’annonce semé d’embûches, marqué par la hausse des prix des matières premières, une pénurie mondiale de semi-conducteurs, et la menace persistante de nouveaux foyers épidémiques, à l’image de celui qui a grippé l’industrieuse province méridionale du Guangdong ces dernières semaines.



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