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Finance

La dégradation de la situation des entreprises françaises les plus endettées s’accélère



La sortie du confinement n’empêchera pas la structure financière des entreprises françaises de continuer de se détériorer au cours des 18 prochains mois. « Elles émergent affaiblies du confinement et vont maintenant devoir affronter une crise économique importante », explique Vincent Gusdorf chez Moody’s.

Près de la moitié des notes des sociétés françaises évaluées par l’agence américaine sont assorties d’une « perspective négative », une proportion particulièrement élevée par rapport à décembre 2019 (20 %) ou 2018 (15 %). Le rythme des dégradations a donc toutes les chances de s’accélérer dans la deuxième partie de l’année puis en 2021.

Dette spéculative

Les entreprises les plus touchées seront celles qui sont déjà notées en catégorie spéculative. Plus la solvabilité d’une entreprise est dégradée, plus sa situation se détériore rapidement. En Europe, Moody’s estime que le taux défaut des sociétés avec une dette high yield (à haut rendement car risquée) devrait passer de 2 % en 2019 à 6 % en mai 2021. « Outre la dégradation de leur solvabilité, 15 % des entreprises que nous notons ont des problèmes de liquidité », ajoute Vincent Gusdorf.

Sur les 45 décisions négatives (dégradation de note, de perspective ou mise sous surveillance) prises par Moody’s ces trois derniers mois, près de 80 % ont concerné des entreprises en high yield. SoLocal , Novartex (La Halle) et Technicolor, en difficulté depuis longtemps, sont quasiment en défaut, avec des notes tombées à Caa3 sous perspective négative.

Les sociétés de service vulnérables

Autre catégorie d’entreprises particulièrement affectées par la pandémie : les sociétés de services. Cassini, la maison mère de l’organisateur de salons Comexposium, est passée de B2 à B3. Fragilisé, le spécialiste de la restauration collective Elior est tombé de Ba2 à Ba3. De même, Casper, la maison mère de la chaîne low cost B & B Hotels est désormais à Caa1 (au bord du défaut). Quant à Europcar, il a dégringolé de trois crans, à Caa1 aussi.

« Même si les mesures gouvernementales vont limiter l’augmentation du nombre de défauts, les entreprises dont les modèles d’activité sont fragilisés pourraient avoir du mal à obtenir de nouveaux financements. » Parmi les grandes entreprises, selon Moody’s, « Renault, CMA-CGM, Castorama et Brico Dépôt, Fnac-Darty, Europcar et Constellium ont obtenu des prêts garantis par l’Etat, mais Novartex, par exemple, n’a pas été retenu. »



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