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Finance

La Fed va commencer à se délester des obligations d’entreprises acquises pendant la crise sanitaire



La Fed commence à tourner la page de la crise du Covid. La banque centrale américaine vient d’annoncer qu’elle allait céder les quelque 14 milliards de dollars d’actifs de sa Secondary Market Corporate Credit Facility (SMCCF). C’est-à-dire les obligations d’entreprises achetées directement ou indirectement dans le cadre du programme annoncé en mars 2020 , alors que la pandémie faisait craindre un gel du marché obligataire « corporate » aux Etats-Unis.

Contrairement à l’Europe, ce sont les marchés et non les banques qui constituent la première source de financement des entreprises outre-Atlantique. « Le SMCCF s’est révélé vital pour rétablir le fonctionnement du marché l’an dernier, maintenir la disponibilité du crédit pour les grands employeurs, et soutenir l’emploi pendant la pandémie », s’est félicité la Fed dans son communiqué.

Obligations d’Amazon

Ce programme, mis en place en urgence, avait fait grand bruit . Jamais la Réserve fédérale n’avait acheté d’obligations d’entreprises sur le marché. Plus surprenant encore, elle avait étendu ses achats à la dette d’entreprises mal notées (high yield). En optant toutefois pour des ETF, des fonds indiciels cotés.

Au bilan de la Fed figuraient ainsi, selon Bloomberg, des obligations d’Amazon ou l’ETF de VanEck suivant les anges déchus (les sociétés dont la note de crédit a basculé dans la catégorie high yield). Certains avaient alors critiqué le fait que la banque centrale cherchait à soutenir les grands groupes. Et plaçait sous perfusion, des sociétés qui auraient dû de toute façon déposer le bilan.

Cessions graduelles

Depuis mars 2020, le marché obligataire est revenu à la normale. Le spread – la prime de risque demandée par les investisseurs pour prêter une entreprise plutôt qu’à un Etat – est à son plus bas niveau depuis 14 ans à Wall Street. Et le rendement moyen des obligations « high yield » a touché début mai un plancher historique à 3,88 %.

La Fed avait déjà arrêté les achats du SMCCF. La reprise lui permet désormais de commencer à se délester des titres acquis. De façon prudente. « Les ventes seront graduelles et ordonnées, et viseront à minimiser tout impact négatif sur le marché », a averti la banque centrale. Dans un premier temps, seuls les ETF seront concernés puis, à partir de cet été, les obligations. L’objectif est d’avoir achevé les cessions fin décembre.

Le geste est symbolique. Contrairement à la Banque centrale européenne, qui a intégré quasiment depuis le début de son programme d’achat d’actifs (APP) les obligations d’entreprises, ces dernières n’ont jamais eu vocation à devenir une cible pérenne pour la Fed.

Politique accommodante

De plus, les titres qui vont être vendus sont une goutte d’eau dans l’océan des près de 8.000 milliards de dollars d’actifs à son bilan. Il reste que la fin de cette mesure d’urgence envoie un signal de normalisation aux marchés, au moment même où ces derniers s’interrogent sur la fin de son principal programme d’achat (QE).

La banque centrale a d’ailleurs tenu à préciser qu’elle poursuivait sa politique monétaire ultra-accommodante. Elle maintient ses achats mensuels (QE) de 120 milliards de dollars d’obligations d’Etat et d’emprunt hypothécaires, malgré une inflation qui repart en flèche.



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