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Finance

La finance européenne veut préparer l’après-crise



Publié le 7 oct. 2020 à 19:05

« Nous devons apprendre à vivre avec le virus, mais sans peur, et en gardant à l’esprit qu’il est temps d’encourager la reprise économique en France et dans tous les pays de l’Europe ». Dans un message vidéo, Bruno Le Maire a donné le ton. Le ministre de l’économie et des finances s’adressait aux participants d’un forum financier international de Paris Europlace sur lequel planait l’ombre du Covid : format resserré sur une demi-journée, retransmission sur internet et pour certains invités, comme Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, interventions à distance.

C’est pourtant bien vers l’après crise qu’étaient tournées les discussions. Plus particulièrement le renforcement du secteur de la finance pour accompagner la reprise économique, et la poursuite des objectifs de développement durable. Les circonstances s’y prêtent, avec une Europe finalement plus dynamique qu’avant le début de la pandémie.

Europe renforcée

Aux prémices de la crise du Covid, certains investisseurs, notamment américains, craignaient que le virus ne fragilise considérablement l’Union européenne et la zone euro. « Au contraire, la crise a été une étincelle, un catalyseur, qui a renforcé l’Europe. Ce grâce à la réaction de la Banque centrale européenne qui a mis en place , l’action renforcée de la Banque européenne d’investissement, et annoncé par la Commision européenne », s’est félicité Augustin de Romanet, PDG d’ADP et président de Paris Europlace.

De quoi attirer de nouveaux les capitaux étrangers, notamment américains, vers les marchés européens, et particulièrement français. Bruno Le Maire a d’ailleurs tenu à rassurer ces derniers sur la détermination de la France à poursuivre sa politique. « Nous ne changerons pas notre stratégie économique à cause de la crise ! Nous n’augmenterons pas les impôts », a martelé le ministre.

Hausse des financements de marchés

D’ores et déjà, les financements de marchés ont continué à se développer en Europe, et se sont même accélérés avec la crise sanitaire. Les entreprises ont ainsi obtenu 370 milliards d’euros sur les marchés. Une hausse de 45 % par rapport à l’an dernier, alors que dans le même temps elles n’ont sollicité les banques que pour 300 milliards. Un véritable virage déjà amorcé par les plus grands groupes, et qui bénéficie à la France. « La place financière de Paris affiche une part de marché de 23 % au sein de l’Europe des 27, contre 21 % pour Francfort », a confirmé Augustin de Romanet. Le président de Paris Europlace a également rappelé que 4.000 financiers ont annoncé leur départ de la City pour rejoindre l’Hexagone, à cause du Brexit.

Mais beaucoup reste encore faire pour créer un véritable marché européen. Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a appelé à un nouveau renforcement du secteur bancaire, notamment par des consolidations tant locales que transfrontalières. Un message repris par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

« Nous avons également besoin d’un marché de capitaux profond et liquide, mais il n’existe pas encore de marché financier unique », a poursuivi Christine Lagarde, regrettant que la création de l’Union des marchés de capitaux soit si lente. Elle a également invité les Européens à poursuivre leurs efforts dans les paiements, rappelant pour l’exemple que dans 10 pays d’Europe, les cartes de paiement émises dans un autre pays n’étaient toujours pas acceptées.

Brexit

Le Brexit constitue lui aussi un risque à prendre en compte. « L’enjeu pour l’Union européenne n’est rien moins que la préservation de l’intégrité de notre marché unique et de sa compétitivité », a prévenu François Villeroy de Galhau. Le gouverneur de la Banque de France a notamment alerté sur le fait que certains acteurs londoniens n’avaient pas encore pris les mesures nécessaires pour continuer à offrir leurs services en Europe.

« Mais au-delà de cette transition, il est essentiel de s’attaquer aux risques pour la stabilité financière découlant d’une dépendance excessive , a prévenu François Villeroy de Galhau. Parier sur le statu quo serait une proposition perdante, y compris pour les membres compensateurs (les banques NDLR). » Une relocalisation rapide en zone euros serait donc dans l’intérêt de tous les participants, a-t-il conclu.



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