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Economie

La France a détruit autant d’emplois en 4 mois depuis mars qu’en 3 ans entre 1991 et 1993


Le pire n’est jamais certain, dit-on… Selon la première estimation de l’Insee, les entreprises françaises ont détruit quelque 119.400 emplois au deuxième trimestre 2020, après 497.500 au premier, essentiellement concentrés sur le seul mois de mars. Seule la construction semble tirer son épingle du jeu, en affichant 3700 postes en plus entre avril et juin. Tous les autres secteurs plongent : -4400 dans l’agriculture, -24.300 dans l’industrie et -71.100 dans les services. Seule note d’espoir, le net rebond de l’intérim qui enregistre près de 110.000 créations d’emploi sur trois mois, effaçant ainsi un tiers des destructions accumulées depuis début 2018. « Mi-2020, il reste toutefois inférieur de 27,1% (soit -214.800 emplois) à son niveau un an auparavant », nuance l’Insee. Pour bien mesurer l’ampleur du tsunami actuel sur l’ensemble de l’économie, le recul enregistré sur les seuls six premiers mois de 2020 (-616.900 postes dans le privé) est équivalent à la saignée observée… sur trois ans entre 1991 et 1993 !

Sur un an, le bilan de l’emploi salarié n’est pas moins déprimant : le secteur privé a en effet supprimé pas moins de 480.800 emplois sur douze mois glissants. Et ce n’est probablement pas fini puisque l’Insee anticipe la destruction de 900.000 postes sur l’ensemble de l’année, un record. Jamais le secteur marchand n’aura en effet autant reculé, en nombre d’emplois au 31 décembre, dans l’histoire. La dernière année dans le rouge remonte à 2014 où le privé avait supprimé « seulement » 22.900 postes alors que les précédents records dataient de 2009, 1992 et 1984 où les entreprises avaient alors détruit de 230.000 à 270.000 emplois sur douze mois. Des chiffres qui contrastent avec les quelque 600.000 postes qui avaient été enregistrés sur la seule année 2000 en raison de la croissance de l’économie.

La forte variation sur l’emploi salarié observée depuis le mois de mars tient bien évidemment aux postes (en premier lieu CDD et intérim) qui ont été supprimés mais aussi aux emplois qui n’ont pas été remplacés faute d’embauches dans les entreprises. Pour l’heure, à en croire les remontées de Pôle emploi et de l’Acoss, on n’observe aucune résurgence des licenciements économiques dans le cadre de plans sociaux qui s’accumuleraient. Une réalité attendue à partir du mois de septembre quand les annonces de charrettes massives seront mises en application.

Quoi qu’il en soit, les ruptures conventionnelles sont pour leur part reparties de plus belle en juin après des mois d’avril et de mai en demi-teinte. Le nombre de séparations à l’amiable homologuées par l’administration a en effet battu son record absolu, et ce depuis l’entrée en vigueur de cette modalité de rupture de CDI d’un commun accord : 39.635 sur le mois, contre 33.000 en cumulé les deux mois précédents et surtout 2000 de plus que le précédent record enregistré un an plus tôt. Sur le premier semestre, près de 180.000 ruptures conventionnelles ont déjà été validées par le ministère du travail, soit 40.000 de moins que l’année dernière sur la même période. Un retard qui pourrait être effacé d’ici la fin de l’année…

» À VOIR AUSSI – Emploi: Jean Castex annonce un plan de «6,5 milliards d’euros» pour les jeunes



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