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Economie

la France en retard par rapport à ses voisins


En 2024, la France devrait conserver le déficit le plus élevé des principaux pays de la zone euro.

Voilà qui éclaire un peu le débat sur la stratégie de rétablissement des comptes publics fixé par le gouvernement, après avoir dépensé des dizaines de milliards d’euros pour faire face à la crise du coronavirus. Dans son programme de stabilité adressé à Bruxelles en avril dernier, l’exécutif a en effet prévu de ramener le déficit public sous la barre de 3 % du PIB en 2027, et engager une baisse de la dette publique à cet horizon.

Et ce en freinant la croissance des dépenses publiques (en volume) à 0,7 % par an (hors mesure de relance), contre 1 % en moyenne ces dix dernières années. Un effort qui peut paraître insuffisant pour que le pays se redresse par rapport à ses voisins européens et sorte du camp des mauvais élèves en matière de dette et de déficit.

Cette trajectoire reste en effet «en décalage avec la plupart de nos partenaires européens», avertit la Cour des comptes, dans son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques, publié mardi. Même si les calendriers de sortie de crise et des plans de relance diffèrent d’un pays à l’autre, «l’ajustement (structurel, NDLR) prévu par le programme de stabilité français serait parmi les plus faibles des grands pays européens», poursuit l’institution financière, qui a épluché les plans des autres pays européens également adressés à Bruxelles en avril.

En particulier, les magistrats de la rue Cambon tirent la sonnette d’alarme sur le fait qu’en 2024, la France devrait conserver le déficit le plus élevé des principaux pays de la zone euro, proche de l’Italie, de l’Espagne et de la Belgique. Et bien loin de l’Allemagne, des Pays-Bas et du Portugal, qui auraient, eux, «pour objectif de ramener leur déficit significativement en dessous de 2 points de PIB à cet horizon». Le résultat serait alors sans appel: un décrochage. «Là où le ratio de dette française au PIB resterait globalement stable, celui de nos principaux voisins refluerait significativement», alerte l’institution.

Pourtant, et c’est peut-être le plus dramatique dans cette affaire, la stratégie du gouvernement en matière de maîtrise de la progression de la dépense est jugée ambitieuse. En réalité, le pays, qui a affronté la pandémie avec des comptes dégradés, part de très loin. C’est «un effort significatif», car, «au cours des trente dernières années, il n’y a eu que deux années où la France a réalisé une progression de cette nature», estimait le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, dans une interview au Figaro, la semaine dernière.

9 milliards d’euros d’économies par an

Plus spécifiquement, cet effort nécessiterait de réduire de moitié le rythme moyen de croissance de la dépense annuelle primaire (les intérêts dus sur la dette exclus) observé au cours des dix dernières années, entre 2010 et 2019. «Par rapport à cette période d’avant-crise, qui incluait déjà des efforts de maîtrise de la dépense, ce serait près de 9 milliards d’euros d’économies supplémentaires chaque année qui seraient nécessaires entre 2022 et 2027», chiffrent ainsi les magistrats de la rue Cambon.

Il reste que, pour appliquer ce redressement des finances publiques, «des conditions exigeantes» doivent se réaliser, précise la Cour des comptes. Cela suppose «que se réalisent des hypothèses favorables à la fois sur le niveau de la croissance potentielle en sortie de crise, mais également en ce qui concerne les prévisions d’inflation», poursuit l’institution. Sinon, le pays devrait procéder à des économies plus importantes.

Quoi qu’il en soit, cette analyse ne passera pas inaperçue du côté du gouvernement, qui sait pertinemment qu’il devra donner davantage de gages s’il veut peser sur la scène européenne. Et, a fortiori, à l’heure où, en Allemagne, le débat sur un retour à la rigueur budgétaire et au strict respect du pacte de stabilité revient sur le devant de la scène.



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