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Economie

La généralisation du télétravail divise les salariés de PSA


Beaucoup de Français ont découvert le télétravail à l’occasion de la crise sanitaire. L’aube d’une révolution? Au sein de l’entreprise automobile PSA, la question divise. La CFDT a réalisé une enquête auprès de 3300 salariés: 56% d’entre eux se disent défavorables à une massification de ce dispositif.

Le groupe PSA, déjà rompu au travail à distance, avait décidé de profiter de la crise pour accélérer encore la transformation de ses modes de travail. La direction a émis le souhait que les salariés dans le tertiaire, le commercial et la recherche-développement ne se rendent au bureau qu’une fois par semaine. 80.000 personnes (sur les quelque 200.000 salariés de PSA) seraient potentiellement concernées.

Les syndicats, favorables pour leur part à un recours au télétravail fondé sur le volontariat, ont dénoncé une décision précipitée. Pour sonder les salariés, la CFDT a ainsi réalisé son enquête sur les sites de Vélizy (43% des sondés), Sochaux/Belchamp (27%) Poissy (15%), et Carrière-sous-Poissy (8%). 99% des sondés avaient déjà expérimenté le télétravail chez PSA.

Les salariés sont globalement divisés quant au nombre de jours hebdomadaires qu’il faudrait consacrer au télétravail. Ainsi, 13% d’entre eux estiment qu’un jour de télétravail est suffisant; 27% souhaiteraient y être deux jours par semaine. Ex aequo, 27% des salariés souhaitent être au télétravail trois jours par semaine. Enfin, 19% d’entre eux souhaitent ne venir au bureau qu’un jour par semaine et 9% espéreraient un télétravail complet, cinq jours par semaine.

Pour la CFDT, cela signifie que les trois quarts des salariés sont opposés à la massification du télétravail telle que l’envisage la direction de PSA.

Perte de lien social

L’une des inquiétudes majeures des salariés concernant la généralisation du télétravail concerne l’étiolement des liens sociaux: c’est un risque évoqué par 87% des sondés. Vient ensuite la rupture du lien managérial (52,65%).

Enfin, 34% craignent les risques psychosociaux que peut engendrer le télétravail. «Les salariés peuvent se sentir complètement isolés et stressés par ce nouveau mode d’organisation, donc il faut y aller progressivement», prévient Laurent Oechsel, représentant de la CFE-CGC à Sochaux, interrogé par France Bleu Doubs.

PSA plaide de son côté pour les bénéfices du télétravail dans le quotidien. Il s’agit, selon le directeur des ressources humaines de l’entreprise Xavier Chéreau, de «redonner du temps utile aux collaborateurs», qui seront «moins soumis aux contraintes des transports en commun» et auront plus de liberté pour choisir leur lieu d’habitation. Un autre avantage du télétravail serait de réaliser des centaines de millions d’euros d’économies en réduisant l’emprise immobilière.

Après une phase de «coconstruction» avec les organisations syndicales en mai et juin, PSA envisage normalement une «mise en place à l’été pour l’ensemble des implantations dans le monde». À la clef, le groupe espère une réorganisation de ses sites avec «des regroupements» et le développement «d’espaces de coworking».

À voir aussi – Coronavirus: 5 règles essentielles pour réussir son télétravail



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