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Economie

La hausse des taux de crédit immobilier s’accélère


Le taux moyen passe de 1,18% en avril à 1,25% en mai, toutes durées confondues.

La hausse des taux de crédit immobilier s’accélère. En mai, ils s’élèvent à 1,25%, toutes durées et marchés (ancien et neuf) confondus, selon l’Observatoire Crédit logement/CSA. Un mois plus tôt, ils s’affichaient à 1,18%. Du jamais vu depuis plus de deux ans! Une hausse de 6,8% digne de celle des prix de l’immobilier à Paris ces dernières années. Pour les ménages dont les revenus ont été impactés par la crise, c’est la double peine.

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La pilule est d’autant plus difficile à avaler que les prix de l’immobilier ne baissent toujours pas. Il est vrai qu’il faut attendre encore 2-3 mois avant que les nouveaux dossiers soient finalisés. C’est à ce moment-là que l’on saura si la crise a un impact à la baisse sur les prix. Par ailleurs, si la remontée des taux se confirme, on peut s’attendre à ce qu’à défaut de diminuer, les prix n’augmentent plus. Pour le top 10 des grandes villes, le site Meilleursagents a ainsi constaté un net ralentissement dans ce domaine: +1,3% depuis le début de l’année contre +21% sur 5 ans (soit +4% par an).

Les futurs acheteurs immobiliers doivent croiser les doigts. Car, du côté du crédit, même si les taux restent encore très bas, l’heure est plutôt à l’inquiétude. Tout d’abord parce que les banques se montrent sélectives. «L’accès aux prêts immobiliers se détériore. La défiance du secteur bancaire sur la reprise économique engendre une approche sélective. Les primo-accédants en sont les premières victimes», déplore Jean-Marc Torrollion, président de la Fédération nationale de l’immobilier sur Twitter.

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Une situation que le ministre chargé de la Ville et du logement va suivre de près. «L’accession à la propriété ne doit pas être réservée à quelques-uns, met en garde Julien Denormandie, interrogé par Le Figaro Immobilier. Elle doit être accessible à tous, même aux ménages modestes. Il ne doit pas y avoir de frilosité dans l’octroi des prêts immobiliers».

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Aux dires de certains courtiers, les banques seraient plus prudentes que l’an passé et regarderaient avec plus d’attention le secteur d’activité des emprunteurs. «Il n’y a pas de liste rouge pour les secteurs d’activité mais on peut envisager que les dossiers d’un régisseur dans l’événementiel ou un salarié de Renault seront étudiés avec plus de précautions que l’an dernier, reconnaît Maël Bernier, de Meilleurtaux.com. On ne peut pas reprocher aux banques de ne pas prêter à des ménages non finançables».

Le contingent de dossiers refusés risque de grossir dans le futur. Outre la détérioration du contexte économique et l’exigence accrue des banques, le taux d’usure baisse. Un terme un peu «barbare» pour le grand public. Il s’agit du taux, tous frais compris, au-delà duquel la loi interdit à une banque de prêter. Or, depuis le troisième trimestre 2019, il est en chute libre, passant de 2,97% à 2,51% pour les prêts de 20 ans et plus. Ce qui exclut beaucoup de ménages de l’accession à la propriété, faute de financement.

L’économiste Michel Mouillart a chiffré leur nombre à 200.000 d’ici fin 2021. «Le taux d’usure pose un problème crucial», déplore l’Association professionnelle des intermédiaires en crédit qui appelle Bercy à le relever craignant que l’exclusion des ménages «s’intensifie». Dans un contexte de tendu avec un risque de chômage de masse, le ministère estime que cette hausse ne serait pas opportune et risque d’accroître le surendettement des ménages.





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