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Economie

La mairie de Paris veut augmenter de nombreuses taxes pour boucler un budget 2021 à la peine


Stationnement payant des deux roues, hausse de la taxe de séjour sur les plateformes… La mairie de Paris rêve d’une hausse de nombreuses taxes pour boucler son budget de 2021, avec une dette de plus de sept milliards d’euros. «Le contexte est inédit», insiste l’adjoint (PS) aux Finances de la maire de Paris, Paul Simondon. «La facture de la crise Covid pour la Ville de Paris, c’est 800 millions d’euros», ajoute-t-il alors que débute le débat sur le budget qui doit être adopté mardi.

La crise a entraîné une perte de «540 millions d’euros de recettes» liée à des baisses des taxes de séjour (45 millions d’euros en 2020 contre 95 millions en 2019), des cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises, ou encore des transactions immobilières (la perte en droits de mutations à titre onéreux, dits «DMTO», s’élevant à 150 millions d’euros en 2020), entre autres. Concrètement sur le marché de l’immobilier, «à l’issue de la première période de confinement, la dynamique des ventes (…) ne s’est pas totalement rétablie, enregistrant même une baisse de 14,57% entre mars et mai 2020», en comparaison avec la même période un an plus tôt, indique la mairie.

In fine, sur un budget annuel de quelque 10 milliards, la dette, explose et s’établit à 7,153 milliards d’euros en 2020 après 6,1 milliards un an plus tôt. Elle «est strictement corrélée aux décisions prises pour maintenir l’activité économique, l’emploi et la solidarité, en particulier en faveur des plus précaires, pendant la crise sanitaire», justifie l’Hôtel de Ville. «Malgré l’impact de la crise, l’endettement des Parisiens, comparé aux autres grandes villes françaises, reste modéré», assure-t-on, cette année encore, à la mairie de Paris. L’horizon ne semble pas s’éclaircir: «On doit faire un budget avec un niveau de prévisibilité nettement plus faible», euphémisme le nouvel adjoint qui était auparavant chargé de la Propreté.

Deux roues, taxes de séjour

La suppression progressive de la taxe d’habitation, qui concernera 35% des foyers parisiens en 2021, affectera les ressources de la Ville, qui «ne percevra donc plus que (…) 199 millions d’euros, contre 826 millions» en 2020 grâce notamment à la taxe d’habitation des résidences secondaires.

Pour boucler son budget, l’Hôtel de Ville mise sur une reprise importante du tourisme dans la capitale, une hausse de la taxe de séjour, de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires… Et pour obtenir gain de cause, la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a écrit aux parlementaires.

La demande portait sur les DMTO, «les faire passer de 4,5% à 4,8%», la taxe d’habitation «pour les résidences secondaires, les faire passer de 60% à 100%», et la taxe de séjour «sur les locations touristiques des plateformes de type AirBnb», précise Paul Simondon. Dans le viseur, également, la mise en place d’un stationnement payant des deux roues motorisés. «L’utilisation de l’espace public pour stocker un véhicule type deux roues de façon gratuite ne nous semble plus d’actualité», a estimé l’élu.

La mairie de Paris présente «un budget insincère», «irresponsable»: elle «passe son temps à écrire à tous les députés, tous les sénateurs, tous les présidents de groupes pour leur demander de présenter des amendements qui permettraient d’augmenter les impôts des Parisiens», s’est étranglée Marie-Claire Carrère-Gee (LR). Elle en veut pour preuve les prévisions de la Ville concernant les «recettes de taxes de séjour au niveau de ceux de 2019: ces bases sont fausses !», s’est encore insurgée l’élue de droite, qui doute d’une reprise du tourisme. «Quand on se plaint de l’arrêt du dynamisme de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises), du niveau de péréquation, de la fin de la taxe d’habitation… Est-ce qu’on est vraiment face à une maire socialiste ?», raille l’élue Modem, Maud Gatel.

À VOIR AUSSI – Anne Hidalgo salue le plan de relance et appelle le gouvernement à prévoir un plan pour les collectivités locales



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