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Economie

La multiplication des catastrophes climatiques pousse les assureurs à réagir


FIGARO DEMAIN – Pour continuer à couvrir ces risques, les assureurs se mobilisent pour prévenir le réchauffement climatique.

Inondations dévastatrices, tempêtes meurtrières, feux de forêt ravageurs… Presque 5 ans après l’accord de Paris sur le climat, les incidents climatiques extrêmes se multiplient : «Les phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique sont le principal moteur du doublement des catastrophes naturelles dans le monde en vingt ans» , indiquait récemment l’ONU. Au-delà des drames humains et ceux causés sur la nature et la biodiversité, le changement climatique a également un coût financier qui ne cesse de s’alourdir. Les assureurs sont en première ligne pour évaluer les conséquences concrètes de ce dérèglement climatique. Selon eux, la facture de l’indemnisation des sinistres climatiques a déjà plus que doublé en 25 ans.

Le coût de ces phénomènes naturels caractérisés par leur forte intensité est passé de 1,2 milliard d’euros en moyenne entre 1984 et 1989 à 3,2 milliards d’euros entre 2015 et 2018. En raison de la hausse des incidents à venir, le coût des sinistres devrait continuer à prendre de l’ampleur. Selon les assureurs, la situation va s’aggraver, ils prévoient des surcoûts de 13 milliards d’euros d’indemnisation en plus aux assureurs à l’horizon 2040, estime la fédération française de l’assurance.

Ces risques sont couverts par des contrats d’assurance et de réassurance – qui permettent d’assurer les assureurs – mais ce coût en hausse constante fait réagir le secteur. Dans un premier temps, le marché a revu les conditions de certains contrats de couverture. C’est le cas aux États-Unis où des compagnies rechignent à assurer certaines menaces, notamment le risque incendie dans des zones où il s’amplifie, comme en Californie ou dans le Colorado par exemple. Même mouvement en Australie où il devient difficile de se couvrir contre le risque de montée du niveau de la mer. En France, depuis le début des années 2000, les assureurs de la forêt ne couvrent plus la région méditerranéenne, tout comme les «zones rouges» jugées inassurables car la probabilité de survenance du sinistre est trop élevée. La collectivité doit alors supporter ce risque. De fait, les feux de forêt ont augmenté de 18% entre 1960 et 2008 selon Météo France et le risque incendie devrait progresser de 30% d’ici à 2040.

À plus long terme, le secteur milite pour une meilleure prévention de ces aléas climatiques. En France, le plan de prévention des risques naturels (PPRn) définit les zones vulnérables qui sont ainsi zones non constructibles. Selon la loi, l’assureur n’est pas contraint d’accorder la garantie catastrophes naturelles dans ces lieux. «Pour ne pas laisser la population et les entreprises sans protection en cas de catastrophes, il est urgent d’agir davantage contre le réchauffement climatique et d’investir dans la prévention des risques qui lui sont associés pour garantir leur assurabilité», alertait Denis Kessler président de Scor, dans une tribune publiée dans Les Échos . Par ailleurs, le patron du quatrième groupe de réassurance affirme qu’il envoie des signaux clairs aux assurés «pour qu’ils réduisent leurs émissions de carbone, sous peine de perdre à terme leur couverture assurantielle, mais aussi en désinvestissant des sociétés contribuant au réchauffement climatique».

Un observatoire de la finance durable pour encourager les engagements du secteur

La fédération de l’assurance a ainsi récemment créé un Observatoire de la finance durable pour encourager et suivre les engagements du secteur. Elle incite notamment ses adhérents à contribuer à l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 via une sortie du charbon ou une transition vers une économie bas-carbone. «L’objectif de l’Observatoire est de contribuer à la compréhension, au suivi et à l’évaluation de la transformation progressive du secteur financier vers la finance durable», indique la fédération.

Le secteur affiche des réussites dans le domaine du charbon. Ainsi, le retrait de beaucoup d’assureurs de cette énergie polluante a nettement compliqué le fait d’assurer des projets liés au charbon. «Au moins 23 assureurs ont mis fin ou limité leur couverture aux projets charbon, ce qui représente 12,9% du marché de l’assurance primaire et 48,3% du marché de la réassurance», affirme le groupe d’ONG «Insure Our Future» qui milite pour un monde décarboné. Au moins 65 assureurs «ont soit adopté une politique de désinvestissement, soit se sont engagés à ne pas faire de nouveaux investissements dans le charbon», indique le collectif.

Les ONG appellent ainsi les compagnies à renouveler leurs actions avec le pétrole et le gaz. Parmi les groupes européens, les français Axa et Scor, mais aussi les allemands Allianz, Munich Re ou encore l’helvétique Zurich «doivent a minima cesser d’assurer et d’investir dans des sociétés qui prévoient l’ouverture de nouvelles réserves de pétrole et de gaz», relève Lucie Pinson, directrice générale du cabinet Reclaim Finance, membre du collectif. La route d’une «finance durable» prônée par le secteur pour lutter contre le réchauffement climatique est encore longue.



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