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Finance

La pandémie pousse Natixis à revoir le prix de vente de ses actions Coface



Publié le 19 nov. 2020 à 7:46

Céder des actifs en pleine crise n’est pas toujours évident. Plusieurs opérations ont été remises en cause du fait de la pandémie, poussant le prix des transactions à la baisse. C’est le cas pour le rachat à près de 16 milliards de dollars du joaillier américain Tiffany par LVMH (propriétaire du groupe Les Echos), annoncé il y a un an, mais dont le prix a été revu légèrement à la baisse le mois dernier, après d’intenses tractations.

A plus petite échelle, c’est aussi le cas pour l’opération de cession par la banque Natixis d’un bloc d’actions de l’assureur-crédit Coface, à un assureur spécialisé basé aux Bermudes, Arch Capital, pour quelque 475 millions d’euros. Début novembre, la filiale du groupe bancaire tricolore BPCE, qui détient actuellement 42 % de Coface, a ainsi annoncé lors de la publication de ses résultats trimestriels qu’elle avait encaissé une moins-value dans ses comptes après la révision à la baisse du prix de cette opération.

Révision « à la marge »

Initialement prévue à 10,70 euros par action , la vente de 29,5 % du capital de l’assureur-crédit se fera désormais à 9,95 euros. Au total, cette concession sur le prix, qui s’est accompagnée d’une revue en baisse de la valeur de la participation résiduelle, a pesé à hauteur de 45 millions d’euros sur le résultat net de la banque . Déjà au moment de l’annonce de l’opération en février 2020, Natixis avait dû comptabiliser une dépréciation de 100 millions d’euros, sachant que la banque restera actionnaire de Coface à hauteur de 12,2 %.

Le directeur général de Natixis, Nicolas Namias, a expliqué qu’il avait été convenu d’adapter « à la marge le prix compte tenu de la situation », lors de la publication des résultats. La révision en baisse du prix de l’opération, censée être bouclée d’ici au début d’année prochaine s’explique aisément. Le vendeur avait tout intérêt à réaliser l’opération, quitte à faire des concessions, pour honorer sa promesse de renforcer ses marges de manoeuvre financières, en vue de rémunérer les actionnaires. D’autant qu’il cherchait à céder cette participation de longue date. Dans le même temps, le cours de Coface s’est replié d’environ 20 % par rapport à la fin du mois de février dernier, alors que les assureurs-crédit n’échappent pas à la crise.

Exposition aux faillites

Assurant les entreprises contre les impayés de leurs partenaires, ces acteurs sont de fait exposés à la baisse d’activité des entreprises et aux faillites. Pour encaisser le choc, Coface et les autres acteurs du secteur réajustent leurs risques et augmentent leurs prix. Ils ont aussi pu bénéficier des plans déployés par les pouvoirs publics pour maintenir les entreprises à flot, voire en France d’une garantie publique.

Sur les neuf premiers mois de l’année, Coface a dégagé un résultat net de quelque 52 millions d’euros en baisse de 55 % sur un an. Revendiquant de « bons résultats opérationnels et un bilan solide » le groupe a cependant annoncé un programme de rachat d’actions de 15 millions d’euros.



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