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Economie

La presse d’information demande à l’État un plan d’urgence


Dans une lettre ouverte publiée mercredi et jeudi dans plusieurs titres de la presse régionale et nationale, l’Alliance de la presse d’information générale (Apig) tire la sonnette d’alarme. Alors que le gouvernement a échafaudé plusieurs plans de relance pour les secteurs du tourisme ou de l’automobile notamment, les éditeurs de la presse quotidienne nationale et régionale ainsi que les éditeurs de magazines s’étonnent de l’absence de réponse des pouvoirs publics et les interpellent dans une tribune intitulée «Pour une presse vivante, pour une démocratie forte».

Nous sommes les laissés pour compte, alors que les journaux sont un rouage essentiel de la vie démocratique et ont assumé leur rôle avec courage et détermination durant la période de confinement.

Jean-Michel Baylet

«Nous voyons passer les milliards pour aider des secteurs en grande difficulté et c’est justifié. L’État et l’Union européenne ont raison de s’engager, commence par souligner Jean-Michel Baylet, le président de l’Apig. Mais pour la presse d’information générale, qui a déjà traversé une transition numérique douloureuse et voit ses contenus continuer d’être pillés allègrement par les Gafa sans obtenir la moindre compensation, nous ne voyons rien venir. Il y a plus d’un an, les pouvoirs publics ont approuvé un plan pour la filière presse. Or après cette nouvelle crise, rien de concret ne s’est passé. Nous sommes les laissés pour compte, alors que les journaux sont un rouage essentiel de la vie démocratique et ont assumé leur rôle avec courage et détermination durant la période de confinement.»

Effondrement des recettes publicitaires

Déjà fragiles, les équilibres économiques dans la presse sont mis en péril par l’effondrement depuis le mois de mars des recettes publicitaires, qui constituent toujours pour les éditeurs un socle de revenu important, mais aussi par la baisse des ventes durant la période de confinement. «Les recettes publicitaires se sont écroulées, comme celles issues de la ressource traditionnelle que sont les annonces classées, judiciaires et légales», détaille l’Apig.

Selon un rapport parlementaire, la presse écrite accuse une chute de plus de 50 % de ses ventes entre le mois de février et le début du mois d’avril, à laquelle se sont ajoutées les annulations massives des campagnes des annonceurs (- 70 % sur le mois d’avril). Par ailleurs, l’activité événementielle, qui a constitué ces dernières années une voie de diversification pour de nombreux groupes de presse, a, elle, été brutalement stoppée.

«La presse travailleà découvert»

L’Apig le relève froidement. «La presse travaille à découvert et cela risque d’être fatal à de nombreux titres», lance-t-elle, appelant au «soutien déterminé de l’État» à l’image des aides déployées au Royaume-Uni ou en Italie.

Les éditeurs demandent des mesures d’urgence, à commencer par un crédit d’impôt pour les annonceurs, le fléchage des campagnes de communication publiques et la prolongation du dispositif exceptionnel d’indemnisation du chômage partiel. À plus long terme, «le plan de filière de la presse d’information doit être renforcé», plaide l’Apig, qui suggère «l’instauration d’un taux 0 de TVA, un cadre fiscal incitatif à la souscription d’abonnements et la mise en place d’un dispositif d’éco-contribution soutenable et économiquement et industriellement».

Le gouvernement a pour l’instant écarté l’option du «crédit d’impôt communication» demandé dès le début du confinement par plusieurs organisations professionnelles et dont le coût est estimé à plus de 500 millions d’euros.



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