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Economie

la réforme des retraites en 6 étapes


«Je ne pense pas que la réforme qui était initialement envisagée puisse être reprise en l’état», a commenté Emmanuel Macron ce jeudi, sans fermer complètement la porte à son retour.

C’était la «mère» de toutes les réformes, mais son avenir est désormais incertain. La réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron semble loin de revenir, le président de la République ayant déclaré, ce jeudi, qu’il ne pensait pas que «la réforme qui était initialement envisagée puisse être reprise en l’état». Le Figaro rappelle les grandes dates d’une transformation à la source de l’un des conflits sociaux les plus intenses des dernières années.

  • Mars 2017 : présentation du programme présidentiel d’Emmanuel Macron

C’est le début du chemin. Il y a quatre ans, en mars 2017, le leader d’En Marche ! s’était engagé à mettre en place un «vrai système universel de retraite» : «les règles seront les mêmes pour tous les régimes. Ce sera la vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé», expliquait l’ancien patron de Bercy, qui comptait engager rapidement des discussions avec les partenaires sociaux, une fois arrivé à l’Élysée.

  • Fin 2017 : Delevoye nommé, le travail se met en place

Quelques mois après l’élection, l’exécutif se met en branle. Début septembre, l’ancien ministre Jean-Paul Delevoye est nommé haut-commissaire aux retraites. Muni de son CV impressionnant, rodé aux négociations, le macroniste va entamer rapidement des concertations avec les partenaires sociaux, dès la fin de l’année. Celles-ci dureront plusieurs mois, perturbées notamment par la crise des «gilets jaunes», à l’automne 2018, qui a poussé l’exécutif à revoir son agenda social.

  • Juillet 2019 : Delevoye présente ses conclusions

Mi-juillet, après plus de dix-huit mois de discussions, Jean-Paul Delevoye dévoile enfin ses «préconisations» pour la future réforme des retraites. Fin des régimes spéciaux, régime par points, majoration par enfants, instauration d’un «âge d’équilibre» à 64 ans pour bénéficier d’une pleine retraite… Les nombreux changements conseillés par le haut-commissaire n’emportent pas l’adhésion des partenaires sociaux : «c’est l’enfumage de Monsieur Delevoye», réagit immédiatement Philippe Martinez, quand Laurent Berger juge l’âge pivot «totalement stupide».

À VOIR AUSSI – Bruno Le Maire: «Ma conviction est qu’il faudra une réforme des retraites»

  • Décembre 2019 : Edouard Philippe dévoile les contours de la réforme, le conflit social débute

En décembre, les syndicats montrent les muscles dans la rue à plusieurs reprises pour faire pression sur l’exécutif. RATP, SNCF, avocats, «gilets jaunes», personnels de la culture… De nombreuses professions défilent en France, réunissant 806.000 manifestants, selon les forces de l’ordre, le 5 décembre, et jusqu’à 1,8 million, selon la CGT, le 17 décembre. Après le mouvement social violent et spontané qui avait ébranlé le gouvernement, un an plus tôt, le conflit autour de la réforme des retraites donne lieu à des mobilisations massives, parfois violentes, notamment à Paris.

Entre-temps, le texte suit son chemin. Mi-décembre, Edouard Philippe en présente les différents aspects devant le CESE. Un rendez-vous très attendu : il confirme notamment la suppression des régimes spéciaux, l’augmentation du minimum de pension et l’instauration d’un âge pivot à 64 ans. Les syndicats – y compris la CFDT, qui soutient pourtant le principe de la réforme – sortent écœurés de cette présentation, et ils promettent de poursuivre la mobilisation dans la rue.

Quelques jours plus tard, nouveau coup dur : mis en cause pour avoir omis de déclarer des mandats à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Jean-Paul Delevoye démissionne du gouvernement. Il sera rapidement remplacé par Laurent Pietraszewski, qui hérite d’un dossier explosif, frénétique, loin d’être résolu.

  • Début 2020 : la pandémie gèle le projet

En janvier, le conflit social se poursuit, avec une intensité cependant moindre qu’en décembre. Les discussions se poursuivent et le texte arrive à l’Assemblée nationale, suscitant des débats houleux. Les groupes d’opposition déposent notamment des dizaines de milliers d’amendements pour en freiner l’adoption. Le volet organique de la réforme est finalement adopté par les députés, début mars.

La pandémie est ensuite venue fracasser le travail parlementaire : mi-mars 2020, Emmanuel Macron annonce la suspension des réformes, «à commencer par la réforme des retraites», pour se concentrer sur l’épidémie de Covid-19. La France se retrouve confinée, une fois, deux fois, trois fois. Les priorités changent, les courbes des cas et des morts succèdent aux débats sur le futur du régime des retraites. Laurent Pietraszewski lui-même a dû endosser la casquette de la Santé au travail, pendant la crise, en plus de son travail sur les Retraites.

Depuis, l’avenir de la réforme semble plus qu’incertain. Le ton des Marcheurs est devenu hésitant : «je ne suis pas certain qu’on pourra mener la réforme des retraites d’ici la fin du quinquennat», avouait Stanislas Guérini, en mai 2020. Même constat du côté des ministres : si Bruno Le Maire martèle à l’envi que cette réforme doit être «la priorité absolue», la ministre du Travail, Élisabeth Borne, disait vouloir attendre de voir le climat social au printemps 2021. La «priorité immédiate, c’est de surmonter la crise sanitaire, économique, sociale qu’on traverse» et qui entraîne «beaucoup d’incertitude», balayait l’ancienne patronne de la RATP, en décembre.

Emmanuel Macron lui-même se montre prudent. S’il est difficile de reprendre la réforme «en l’état», le locataire de l’Élysée ne ferme pas la porte à son retour : «il est trop tôt» pour se prononcer sur l’avenir de la réforme pour laquelle «rien n’est exclu», a-t-il précisé ce jeudi. La priorité doit être la reprise, et «la solidité de nos finances publiques». En attendant, le dossier semble laissé de côté, et les manifestations de décembre dernier ne sont qu’un souvenir lointain, que la crise sanitaire a figé, comme bon nombre d’autres projets.



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