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Economie

La réforme des retraites est «clairement renvoyée après les présidentielles», estime Berger


«Priorité absolue ne veut pas dire se précipiter à contretemps, alors même que nous avons un combat à livrer» contre l’épidémie, a jugé Bruno Le Maire.

La réforme des retraites est-elle finalement renvoyée à l’après-présidentielle ? Durant son allocution, hier, le président de la République a maintenu sa volonté de modifier en profondeur le système actuel. Mais, a-t-il ajouté, «si je demande au Gouvernement de Jean Castex de travailler avec les partenaires sociaux sur ce sujet dès la rentrée, je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée». Or, l’épidémie devrait rester présente «sans doute pour plusieurs mois de l’année 2022»…

Interrogé sur France 2 ce mardi matin, le chef de la CFDT a salué cette «position de sagesse». «La réforme est clairement renvoyée après les présidentielles», a considéré Laurent Berger, estimant qu’il n’y a «aucune voie de passage à l’automne» pour ce texte contesté par certains syndicats : le sujet sera donc regardé de près par les partenaires sociaux, durant la campagne électorale, afin de connaître les propositions des prétendants à l’Élysée. «Il faudra en parler avec les candidats de 2022», a-t-il ajouté.

Ce mardi matin, les membres du gouvernement se montraient prudents quant au calendrier de mise en œuvre de la réforme. «Je ne peux pas vous dire si cela sera avant la fin du quinquennat», a admis Gabriel Attal, rappelant que l’épidémie devait être «maîtrisée» en priorité.

« Il me paraît légitime que, sur un sujet qui engage notre avenir collectif, ça fasse partie du débat de la campagne présidentielle ».

Bruno Le Maire

Interrogée sur LCI, la ministre du Travail a noté qu’elle s’occuperait d’organiser des «concertations sur l’ensemble de ces sujets» avec les partenaires sociaux et le premier ministre à la rentrée. Le calendrier à venir «dépendra de l’évolution de la situation sanitaire», et si l’exécutif maintient ses objectifs, «nous avons bien compris qu’il faut trouver un autre chemin» pour les atteindre, a déclaré Élisabeth Borne. Les prochains mois doivent être «utiles», mais le contenu dépendra de «la situation sanitaire».

À VOIR AUSSI – Emmanuel Macron veut reprendre la réforme des retraites à la rentrée

«Je me réjouis que le président de la République ait dit les choses aussi clairement aux Français», a commenté pour sa part Bruno Le Maire. Si la réforme est une «priorité […], priorité absolue ne veut pas dire se précipiter à contretemps, alors même que nous avons un combat à livrer» contre l’épidémie, a jugé le patron de Bercy. «Le jour […] où il n’y a plus de risque sanitaire, cela nous permet d’avoir un débat serein, dédramatisé, sur la question de la réforme des retraites», a-t-il ajouté. «Il me paraît légitime que, sur un sujet qui engage notre avenir collectif, ça fasse partie du débat de la campagne présidentielle», a également noté le ministre de l’Économie et des Finances. Le dossier pourrait donc être renvoyé après l’élection.

Sur le fond, la copie devra être retravaillée : «le système par point est une modalité qui n’a pas forcément convaincu», a reconnu Élisabeth Borne. Pour son collègue de Bercy, il faudra supprimer les régimes spéciaux «pour les nouveaux entrants», repousser «l’âge de départ à la retraite» et il «faudra aussi […] avoir un système de retraite par point plus clair, simple et lisible. […] Nous avons échoué à le faire au cours des années passées», a-t-il estimé.

La réforme de l’assurance-chômage doit s’appliquer en octobre, estime le gouvernement

Laurent Berger s’est aussi agacé de la volonté du président de la République d’avancer sur le sujet de l’assurance-chômage. La réforme «sera pleinement mise en œuvre dès le 1er octobre», a annoncé Emmanuel Macron hier soir. «On a vu le président de la République et eu une réunion avec la ministre du Travail, vendredi, aucun d’entre eux ne nous a dit que ce sera appliqué au 1er octobre. Soit la ministre ne le savait pas, soit ce n’est pas très loyal», a commenté Laurent Berger. Le syndicaliste a aussi vu dans cette annonce un «petit brin de populisme», consistant à «taper sur les chômeurs».

Sur ce point, Élisabeth Borne a défendu l’application de la réforme : le nouveau modèle de calcul de l’allocation-chômage, retoqué par le conseil d’État, «est plus juste», et la ministre compte bien montrer à l’institution que le contexte économique et la reprise justifient son application «au 1er octobre». Même ton ferme du côté de Bercy : «la justice administrative s’est piquée d’économie», a regretté Bruno Le Maire, qui a eu «du mal à comprendre» l’évaluation de la situation économique par le conseil d’État.



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