Image default
Economie

la SNCF détaille son plan pour le déconfinement


À quelques jours du déconfinement, la SNCF précise ses plans pour le retour progressif des trains. Dans un entretien accordé au Parisien , le patron de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet, présente la manière dont les déplacements vont s’organiser à partir du 11 mai prochain. Une chose est sûre : le transport ferroviaire sera très différent de ce que l’on connaissait jusqu’alors. Il faut dire que le défi est de taille, le respect de la distanciation sociale étant particulièrement difficile à appliquer dans l’espace contraint des rames. Un «défi collectif inédit», qui s’appuiera notamment sur le comportement responsable des voyageurs eux-mêmes.

La SNCF publie ce mercredi, à cet effet, un «contrat de confiance entre les cheminots et les voyageurs». Il sera affiché «partout», prévient l’entreprise, et détaillera les engagements pris par l’entreprise pour assurer la sécurité de ses voyageurs, et, en retour, ce qu’elle attend d’eux pour protéger ses propres équipes. Dans le détail, la régie va informer à l’avance ses clients, notamment sur la circulation de leur train et sur le nettoyage de tous ses espaces, et elle adaptera son «offre de train» comme ses «modalités d’embarquement et de circulation sur les quais» pour éviter les contacts entre voyageurs. Elle nettoiera également tous ses trains «au moins une fois par jour». En contrepartie, la SNCF demande à ses clients de privilégier les déplacements en heures creuses, d’acheter autant que possible leurs billets en ligne, de venir en gare avec leur masque et leur gel hydroalcoolique et de respecter les gestes barrières. Faire preuve de civisme, en somme.

Le groupe publiera, «dès la fin de la semaine», le plan de transport pour les prochains jours. Au début, «50% à 60% des trains du quotidien» devraient circuler, avant une montée en puissance rapide à 75%, pour un «taux d’occupation qui devrait être de 25% à 50%» seulement. Il informera également ses voyageurs sur l’affluence dans leur train, afin qu’ils puissent décider de «prendre un train plus tôt ou plus tard en fonction de l’affluence attendue». Sur les trains longue distance, dont la circulation devrait de toute manière être restreinte au vu des indications du gouvernement, «les réservations sont bloquées dès que le taux d’occupation de 50% est atteint». La SNCF compte également sur le maintien du télétravail et le décalage des heures de bureau pour éviter l’engorgement sur son réseau.

Des filtrages à l’entrée des gares

Dans les gares, une organisation spécifique sera mise en place, avec un filtrage à l’entrée pour que les lieux ne concentrent pas trop de monde. Il n’est pas encore certain qu’on puisse prendre un train sans avoir d’attestation de transport, mais il n’y aura pas d’entrée dans la gare sans masque. 500 distributeurs de gel hydroalcoolique seront installés dans 165 gares. En outre, la SNCF a obtenu l’appui du gouvernement pour faire respecter le port du masque : elle discute actuellement avec les autorités pour déterminer «combien il y aura de policiers et sur quelles gares». Ceux qui ne respecteront pas cette obligation s’exposeront à une amende, dont le montant n’est pas encore connu. Aucun masque ne sera distribué dans les gares, mais ceux-ci pourront être achetés, «en appoint […] dans des distributeurs et dans les commerces», précise Christophe Fanichet.

Dans les trains, en outre, la distanciation sociale sera surveillée grâce à des «caméras de surveillance et à des logiciels qui surveillent les flux», d’une part, et grâce à des «agents vigies» d’autre part. Ce dispositif sera déployé gare de l’Est. Des «observateurs» seront aussi postés sur les quais de certaines gares pour prévenir la station suivante, en fonction du remplissage du train, et «réguler ainsi le nombre de personnes». Le chef de la SNCF Voyageur se dit «extrêmement attentif» : la reprise aura lieu «sous haute surveillance» et le dispositif pourra être adapté en fonction de la situation. Et malgré les dépenses que l’ensemble de ces modifications représenteront, le groupe s’engage à ne pas augmenter ses tarifs et à «maintenir des prix raisonnables, pratiqués pendant le confinement». Pas question donc de compenser par ce biais la perte engendrée par ces dernières semaines de confinement.

La question des transports revient depuis plusieurs jours sur le devant de la scène, à l’approche du déconfinement. Fin avril, plusieurs opérateurs, comme la SNCF, la RATP, Keolis ou Transdev ont averti Matignon qu’il leur était «impossible sur le respect des gestes barrières, dont la distance physique, de répondre d’une obligation de résultat». Ils ajoutent ne pas disposer «aujourd’hui des moyens humains et matériels de nature à satisfaire à une telle obligation». Des discussions et arbitrages ont donc lieu en ce moment pour définir les règles à mettre en place, en particulier en Île-de-France. Mardi, le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a indiqué que des lignes pourraient fermer, en cas de problème, de même des stations. «Nous envisageons […] pour réguler […] les flux de voyageurs, de délivrer des attestations» qui réserveraient les transports publics aux travailleurs à certaines heures, a-t-il notamment précisé.

Les opérateurs ne sont pas les seuls à s’inquiéter de l’ampleur du défi : la patronne de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a appelé à mettre en place «des renforts des forces de l’ordre» pour faire respecter le filtrage à l’entrée des gares. Elle craint que les lignes et gares soient fermées, si les règles sanitaires ne sont pas respectées par les voyageurs. Verdict d’ici la fin de la semaine.



Source link

Autres articles

Dans le Gers, la vente directe et les drive donnent une bouffée d’air aux producteurs

administrateur

Les Français mangent moins de frites, les producteurs de pommes de terre croulent sous les stocks

administrateur

Le gouvernement songe à alléger les règles sanitaires en entreprise

administrateur

pour le gouvernement, l’objectif est de voir «le moins de licenciements secs possible»

administrateur

La presse d’information demande à l’État un plan d’urgence

administrateur

l’UFC-Que Choisir tance les compagnies aériennes

administrateur