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Finance

La société allemande Grenke accusée de fraude comptable par un vendeur à découvert



Publié le 16 sept. 2020 à 13:13Mis à jour le 16 sept. 2020 à 13:14

L’un des tombeurs de Wirecard a encore frappé. Le vendeur à découvert britannique, Fraser Perring, accuse la société allemande de leasing, Grenke – qui a également le statut de banque -, d’avoir artificiellement gonflé son bilan par l’acquisition de sociétés affiliées. « La croissance mondiale de Grenke […] est une affaire de fraude à grande échelle, soit pour dissimuler l’inexistence de liquidités, soit pour transférer des millions d’euros à des sociétés affiliées », indique le rapport du short-seller. Ce document de 64 pages a été transmis à l’autorité financière allemande, la BaFin, a révélé mardi l’hebdomadaire Spiegel. 

Fraser Perring est l’un des auteurs avec Matthew Earl du rapport à charge publié par Zatarra Research en 2016 sur Wirecard. Il a depuis fondé sa propre société Viceroy Research.

« Manifestement faux »

Sentant venir le vent du boulet, Grenke a répliqué dans la soirée, dès la fermeture des marchés. « Une accusation centrale est qu’une partie substantielle des 1.078 millions d’euros de liquidités indiqués dans le rapport semestriel 2020 n’existe pas. C’est faux », commente l’entreprise cotée au MDax des petites valeurs boursières allemandes. 

« Au 30 juin 2020, 849 millions d’euros, soit près de 80 % des liquidités, se trouvaient sur les comptes de la Bundesbank », précise Grenke et, « à ce jour, notre solde créditeur à la Bundesbank s’élève à 761 millions d’euros ». Le groupe se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires et entamera des procédures en conséquence.

Un test pour la BaFin

Echaudée par les critiques qui pleuvent sur son laxisme depuis le retentissant scandale Wirecard , l’autorité de surveillance financière, a, cette fois-ci, réagi immédiatement. « Nous enquêtons sur les allégations d’abus de marché formulées dans le rapport », confirme la BaFin. Elle examine aussi bien d’éventuelles manipulations de marché par Grenke que les éventuels délits d’initiés du côté de Viceroy, l’entreprise de Fraser Perring. Les vendeurs à découvert détiendraient 14 % des actions Grenke.

La gestion de ce cas constituera un test pour la BaFin. L’autorité de contrôle des marchés avait pris le parti de Wirecard, contre les journalistes du Financial Times et les vendeurs à découvert. Surtout, le ministère des finances allemand a reconnu que certains de ses salariés spéculaient sur l’action de la fintech. Fraser Perring a indiqué, sur le réseau social Twitter, avoir alerté le superviseur dès le 3 août, par un courrier, avant de constituer des positions à découvert sur Grenke. Mais la BaFin nie avoir reçu ce courrier. 

L’analyste britannique persiste et signe : « Grenke représente le côté sombre du leasing », martèle-t-il dans un entretien au quotidien économique allemand, Handelsblatt. Selon lui, l’entreprise détenue en partie par la famille Grenke depuis sa fondation en 1978 travaille non seulement avec des baux non garantis et des offres surévaluées, mais elle couvre aussi délibérément des activités de blanchiment d’argent.

Un cours en mode « crash »

Le coup lancé par Fraser Perring a immédiatement porté. Mardi soir, l’action Grenke avait déjà perdu 20 % de sa valeur et continuait, en mode « crash », mercredi, avec une nouvelle chute de 14 %.

Au passage, l’affaire risque de porter un nouveau coup à la réputation déjà très érodée d’EY (anciennement Ernst & Young), commissaire aux comptes de Grenke depuis 2002, avant de passer la main à KPMG, pour les comptes de 2018. EY était l’auditeur de Wirecard depuis 2011. Et il fait déjà l’objet de deux enquêtes de la part du régulateur comptable britannique, l’une pour NMC Health, l’autre pour Thomas Cook.

Eclaboussé par le scandale Wirecard, le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a déjà annoncé une réforme de la supervision des marchés .



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