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Economie

La start-up qui bataille contre les syndics remporte une manche judiciaire


Entre la start-up Matera et les syndics de copropriétés, la bataille est féroce et ne semble pas près de s’arrêter. Créée en 2017 sous le nom d’Illicopro, la jeune société a bouclé début 2020 un deuxième tour de table à hauteur de 10 millions d’euros. En misant sur des outils en ligne, cette plateforme compte doper le modèle du «syndic coopératif» pour accompagner les conseils syndicaux dans la gestion de leur copropriété en se passant des services d’un syndic professionnel. Des frictions étaient donc à prévoir, d’autant que Matera avait choisi de frapper fort en lançant en mars 2020 une campagne de publicité ridiculisant les syndics traditionnels.

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La réponse ne s’était pas fait attendre avec une action en justice menée par l’Association nationale des gestionnaires de copropriété (ANGC) et la Fnaim Grand Paris devant le tribunal de commerce de Paris. L’action en référé pour faire cesser la campagne n’a pu être traitée que tardivement avec l’arrivée du premier confinement et a finalement perdu sa raison d’être. Restait une plainte pour concurrence déloyale et pratique illégale de la profession de syndic. Sur cette partie du dossier, le tribunal s’est appuyé sur les conclusions d’une enquête de la DDPP de Paris (la structure départementale de la DGCCRF) et vient de décider de classer la plainte (voir document ci-dessous) précisant que «l’infraction ne paraît pas suffisamment constituée ou caractérisée».

Plainte avec constitution de partie civile

Pour Matera et son président, Raphaël Di Meglio cette décision vient conforter le modèle de la société. «Nous sommes confiants sur ce sujet, précise-t-il. Nous nous appuyons sur un modèle ancien, celui du syndic coopératif qui existe depuis la loi de 1965.» Selon lui, les progrès technologiques simplifiant la gestion courante (notamment la comptabilité et les appels de charges) pourraient à terme rendre ce modèle majoritaire. «Cette formule permet un alignement des intérêts avec des copropriétaires qui gèrent en direct leur copropriété», explique le dirigeant. La start-up développe d’ailleurs son maillage sur le territoire français et s’apprête à attaquer le marché allemand.

Du côté des syndics et de l’Association nationale des gestionnaires de copropriétés (ANGC), on ne s’avoue pas vaincu pour autant. Deux actions au civil sont en cours (avec la Fnaim du Grand Paris et avec la Fnaim nationale) pour espérer récupérer des dommages et intérêts. Par ailleurs, une plainte avec constitution de partie civile est en train d’être déposée toujours sur cette même question de la concurrence déloyale. Les syndics restent persuadés que Matera empiète illégalement sur leurs plates-bandes et ne présente pas assez clairement son rôle, exposant les propriétaires à des difficultés en cas de sinistre. Des arguments non retenus par la justice pour l’instant. «Nous contestons le sérieux de l’enquête menée par la DDPP de Paris, c’est pourquoi nous lançons cette plainte avec constitution de partie civile pour déclencher une véritable instruction au pénal par des magistrats», souligne Gilles Frémont, président de l’ANGC. Le match n’est donc pas terminé, ni dans les tribunaux, ni dans les copropriétés.



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