Image default
Finance

La statue du fondateur de De Beers menacée par le passé colonialiste de Rhodes



« Un diamant est éternel », paraît-il. C’est moins vrai pour une statue, fût-elle de Cecil Rhodes, fondateur du géant des pierres précieuses De Beers. Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter et des manifestations antiracisme à travers la planète, le passé de Cecil Rhodes, figure de la colonisation britannique en Afrique, a resurgi. Au point qu’à Oxford, un groupe demande le déboulonnement de la statue de l’homme l’entrée de l’Oriel College. Rhodes y a fait ses études et sa fondation finance une bourse d’étude, dont l’un des plus célèbres bénéficiaires est l’ancien président américain Bill Clinton.

La campagne « Rhodes must fall » (Rhodes doit tomber) connaît une seconde vie outre-Manche. Alors que l’Oriel College avait, en 2015, refusé de démonter la statue, il s’est aujourd’hui montré favorable à la constitution d’une commission d’enquête indépendante sur les « questions importantes » soulevées par la statue de cet homme politique. Cette campagne a pris exemple d’un mouvement né il y a 5 ans à l’université du Cap, aussi autour de la statue de Rhodes, qui dénonçait la persistance d’un racisme institutionnel au sein de la faculté sud-africaine.

Rhodésie

Dans les manuels d’histoire, Cecil John Rhodes est intimement lié à l’expansion de l’empire britannique en Afrique. Une caricature le montre en train d’enjamber tout le continent africain qu’il voulait soumettre à la domination de la « première race au monde », du Caire au Cap. Ce fils de révérend anglais né en 1853, ayant essentiellement oeuvré en Afrique du sud et dans la région, a donné son nom à deux pays : la Rhodésie du nord et du sud, actuellement la Zambie et le Zimbabwe.

Premier ministre de la colonie du Cap de 1890 à 1896, il a poussé pour que les lois les plus favorables aux groupes miniers soient adoptées. Certains textes ont obligé des populations locales à quitter les zones rurales pour s’installer à proximité des centres urbains, fournissant ainsi de la main-d’oeuvre bon marché. C’est aussi son gouvernement qui a introduit des conditions minimales pour exercer le droit de vote, excluant de fait les populations noires. Les critères d’attribution de la bourse Rhodes ne mentionnent toutefois à aucun moment la notion de race.

Un gigantesque monopole

Dans les manuels d’école de commerce, Cecil Rhodes reste l’un des plus brillants hommes d’affaires que l’histoire du capitalisme ait connus. Quand il rejoint son frère après les premières découvertes de diamants dans la région de Kimberley, il comprend vite qu’il est bien plus rentable de vendre du matériel, comme des pelles, que de creuser des trous pour trouver des pierres précieuses.

Une fois qu’il s’est constitué une petite fortune, il rachète à tour de bras les concessions minières jusqu’à contrôler près de 90 % de la production de diamant. En 1888 il fonde la société De Beers Consolidated , du nom de deux frères dont il a acquis les droits d’exploitation. L’homme à la santé fragile – il est mort avant ses 50 ans – a ensuite développé un système de distribution de pierres, créant un gigantesque monopole sur les diamants. Pendant près d’un siècle, De Beers a dominé le marché et contrôlé les prix des diamants. Avec la chute de l’URSS, le concurrent russe Alrosa a gagné des parts de marché ravissant la première place à De Beers.



Source link

Autres articles

Shine étoffe sa gamme avec une assurance-facture

administrateur

Casino : le milliardaire Daniel Kretinsky ne siégera pas au conseil d’administration

administrateur

Mobilisée face à la crise, la Banque Postale maintient ses projets de conquête

administrateur

Entreprises en difficulté: les risques du prêt garanti

administrateur

A Hong Kong, les banques françaises discrètes face aux tensions politiques

administrateur

Les marchés grimpent à nouveau, portés par de nouvelles annonces de la Fed

administrateur