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Finance

La tech signe sa pire semaine depuis mars à Wall Street



Publié le 12 sept. 2020 à 12:40

Une simple correction dans un marché toujours haussier. C’est ainsi que la plupart des analystes et des gérants qualifient la baisse de ces deux dernières semaines à Wall Street. Avec une certaine complaisance ?

Le S & P 500, en baisse de 2,51 %, vient de boucler ses deux pires semaines depuis mars, mettant un terme à cinq mois de hausse quasi ininterrompue. Quant au Nasdaq, tiré vers le bas par les grandes valeurs technologiques , il a chuté de 4,6 % la semaine dernière.

Mais à entendre les professionnels de marchés, l’heure du dégonflement des folles valorisations des géants de la technologie n’a pas encore sonné. Certes, Apple, qui avait progressé de presque 80 % dans les huit premiers mois de l’année, a perdu 7,4 % et Tesla, autre valeur fétiche des investisseurs, a chuté de 11 % (depuis le début de l’année, elle ne progresse plus « que » de 345 %). Mais les investisseurs ne cèdent apparemment pas à la panique : la correction des valeurs tech n’a pas contaminé les autres actifs financiers.

Des phénomènes techniques

Pour beaucoup, les derniers épisodes de baisse correspondent avant tout à des phénomènes techniques. « Le volume d’achat sur les options à la hausse a été disproportionné par rapport au marché cash. Cela a engendré une amplification des mouvements de marché du Nasdaq par des ajustements des positions dérivées », rappellent les gérants d’Edram.

Certains indicateurs montrent d’ailleurs que la tendance reste haussière. Malgré sa chute, le S & P 500 a réussi à se maintenir au-dessus de sa moyenne mobile des 50 derniers jours. De même, la correction du Nasdaq ne l’a pas fait passer sous sa moyenne mobile à 100 jours.

Parmi les raisons qui leur permettent de garder la foi, les gérants citent la révision en hausse des bénéfices des entreprises au troisième trimestre et l’interventionnisme de la Réserve fédérale américaine. Les banques centrales déversent des liquidités dans le système financier et celles-ci doivent s’investir quelque part. Dès lors, les valeurs tech restent incontournables.

Peu de sociétés à forte croissance

« Dans un environnement économique morose, la proportion de sociétés présentant un potentiel de croissance de leurs revenus supérieur à 15 % par an s’est considérablement réduite : elle est passée d’environ un quart du marché en 2006 à moins de 15 %, essentiellement dans le secteur de la tech », expliquait David Older, responsable de la gestion actions de Carmignac, à l’occasion de la présentation des perspectives trimestrielles de la société de gestion, vendredi.

« Ces sociétés affichent par ailleurs une rentabilité bien supérieure au reste du marché. » Pour le gérant, les valorisations des stars du Nasdaq sont largement justifiées. « Les valeurs tech ont non seulement résisté mais elles ont profité de la crise du Covid. Il est logique que leurs valorisations soient plus élevées aujourd’hui. »

Cette absence d’alternative pourrait mettre un terme à la correction entamée depuis deux semaines. Les investisseurs, notamment particuliers, qui se repositionnent à chaque épisode de baisse, en semblent convaincus.

Les professionnels de marché appellent toutefois à la prudence. « Même si les raisons qui président à la hausse sont toujours présentes, des répliques baissières sont encore possibles. L’exposition aux valeurs technologiques reste colossale, et même sans doute excessive, et les indices américains pourraient rester plus hésitants, au moins jusqu’aux élections présidentielles », indiquent les analystes d’Aurel BGC.

Une fois n’est pas coutume, Wall Street apparaît plus risquée à court terme que les Bourses européennes. Ces dernières n’ont toujours pas regagné le terrain perdu au plus fort de la crise. Elles pourraient peut-être enfin rattraper leur retard.



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