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Economie

«La très grande majorité des entreprises a repris le travail»


Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, invité ce matin sur France Inter, a réitéré sa proposition de «travailler plus pour gagner plus» déjà évoquée dans Le Figaro il y a quelques semaines. Il a aussi expliqué qu’il ne serait «pas si simple» de revaloriser les salaires des employés en première ligne pendant la crise, même si ce serait une «bonne chose».

Interrogé en premier lieu sur les 3 500 employés d’Uber qui ont été renvoyés par visioconférence il y a une dizaine de jours, le président du Medef a expliqué qu’il y avait «très certainement des raisons à cela», mais que «la forme est inacceptable». «Les États-Unis ont des traditions très différentes des nôtres, ce serait impossible en France», a-t-il poursuivi.

Dialogue social

Toujours sur les multinationales américaines, Geoffroy Roux de Bézieux a expliqué à propos de la réouverture prochaine des entrepôts français d’Amazon que c’était une «bonne nouvelle», qui «contribue à faire repartir l’économie». «On a beaucoup parlé d’Amazon parce qu’il y a eu un problème avec le protocole sanitaire, a-t-il poursuivi. Mais la très grande majorité des entreprises a repris en France, et le dialogue social s’est intensifié.»

Sur les nouvelles règles sanitaires qui devront être mises en place dans les entreprises, le président du Medef a expliqué que leur coût serait «difficile à évaluer» car trop différent d’un secteur à l’autre. «Il va surtout y avoir des problèmes de productivité, a-t-il poursuivi. Quand on nettoie une chaîne de production, on ne produit plus mais on paie les salaires. Si cela dure 6 mois, les entreprises pourront payer, mais si on doit intégrer ça dans un nouveau mode de production, ce sera toute la chaîne de valeurs qui la paiera. J’ai vu que des coiffeurs demandent déjà quelques euros de plus aux clients pour intégrer ces coûts.»

«Il y aura des licenciements, a poursuivi Geoffroy Roux de Bézieux. La demande est divisée par deux dans certains secteurs, comme l’aéronautique où les commandes sont à l’arrêt et les productions d’avions diminuent. Il faut trouver des mesures alternatives (pour éviter une vague de plans sociaux, ndlr) : en Allemagne, il existe une partie du salaire peut être pris en charge par l’état et l’autre par l’entreprise pendant un certain temps, ce qui permet de conserver les talents en attendant la reprise. Il faut être innovant, on est face à des situations qu’on ne connaît pas.»

Travailler plus

Geoffroy Roux de Bézieux a confirmé sa proposition de travailler plus «dans certains secteurs», comme il l’avait déjà proposé il y a un mois. «Dans les entreprises on discute beaucoup en ce moment. Évidemment il ne s’agit pas de travailler plus en gagnant autant, mais en gagnant plus.»

Enfin, interrogé sur la possibilité de revaloriser les salaires des employés en «première ligne» face à l’épidémie (soignants, éboueurs, agents de nettoyage…), le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a expliqué que «ce serait une bonne chose» si seulement «on pouvait y arriver».

» À voir aussi – Sans «revalorisation des prestations», le Medef juge difficile la hausse des salaires

«Ce sont des métiers payés proches du Smic parce que les prestations sont facturées pas chères, a-t-il poursuivi. Par exemple les sociétés qui emploient les agents de nettoyage ont des contrats avec d’autres sociétés qu’ils négocient au plus bas. C’est toute la difficulté de cette logique low cost. C’est facile de dire «il faut revaloriser les salaires» sur un plateau TV, mais beaucoup plus dur à faire en vrai.»



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