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Economie

la vie de bureau ne reprend pas à la Défense


En ce lundi gris, qui a davantage des allures d’automne que de printemps, une chose reste immuable à La Défense: son exposition aux quatre vents, qui soufflent de froides bourrasques. L’immense esplanade de béton du quartier d’affaires aux portes de Paris reste déserte pour ce premier jour de déconfinement.

Sur les 180.000 salariés qui déferlaient quotidiennement sur le parvis pour rejoindre leur lieu de travail, avant la crise sanitaire, bien peu ont fait le déplacement. Peu riant ordinairement, le site en est encore plus déprimant. «Environ 98,5% des collaborateurs des 500 entreprises de La Défense sont en télétravail depuis le 17 mars», indiquait sur Europe 1 Marie-Célie Guillaume, directrice générale de Paris La Défense, qui ne s’attendait pas à un retour des effectifs de plus de 10% à 15% aujourd’hui.

La plupart des passants qui pressent le pas pour rejoindre leurs bureaux portent un masque. Jérôme, venu à pied de son domicile non loin, pour rallier la tour Coupole du géant pétrolier Total, lui n’en a pas mis. Cet ingénieur de 38 ans n’a pas d’appréhension particulière. «J’ai vécu pendant dix ans en Afrique, où il y a pas mal de maladies qui circulent, donc prendre des précautions comme nous le faisons désormais n’est pas nouveau pour moi», explique-t-il. De plus, il sait qu’après huit semaines de travail à distance, tout l’équipement sanitaire nécessaire l’attend au siège du groupe, où reviennent aujourd’hui les collaborateurs qui comme lui travaillent sur des missions prioritaires.

Kit sanitaire

Effectivement, au rez-de-chaussée de nombreux bâtiments, les employés des services généraux, traditionnellement discrets, sont à pied d’oeuvre. Chez l’énergéticien Dalkia, filiale d’EDF, située dans la tour Europe, Myriam installée dans le hall, surligne depuis 8H00 le nom des quelque collaborateurs qui arrivent. La jeune femme brune leurs remet un kit sanitaire comprenant un gel hydroalcoolique, cinq masques en tissu lavables douze fois, plus un paquet de 20 masques chirurgicaux et des gants. Le personnel, en retour, lui signe un document attestant que sa dotation lui a bien été remise. Sur les près de 1000 collaborateurs, elle a donné une cinquantaine de kits ce matin.

Non loin, à la Société Générale, Marine est depuis 7H30 à l’accueil des gratte-ciel jumeaux Chassagne et Alicante, et remet elle aussi un kit sanitaire. En deux heures, elle n’a échangé qu’avec une quarantaine de personnes sur les 5000 qui en temps normal fréquentent le site. «Ils sont reconnaissants qu’on leur remette ces équipements de protection et contents de revenir», assure la jeune femme.

Même constat pour Jonathan qui a repris du service chez le pâtissier -traiteur Karly. Il n’a pas encore revu d’habitués, mais les rares clients qui ont fait le détour par sa boutique étaient heureux de revenir: «ils souriaient derrière le masque avec des plis qui se formaient autour des yeux» assure-t-il. En deux heures et demi, avec sa collègue Amandine, les deux vendeurs ont servi 19 personnes alors qu’il y a encore quelques mois, la boutique ne désemplissait pas à cette heure-là où une longue file d’attente se prolongeait dans la rue. Mais ça, c’était avant le Covid-19.



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