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Economie

L’actionnariat salarié, solution de sortie de crise pour ne pas ressusciter l’ISF


«On rentre dans une période décisive qui va demander de réfléchir, comme plusieurs personnes le suggèrent, à un nouveau contrat social car les challenges que nous avons en face de nous sont immenses et ne peuvent pas être traités de façon satisfaisante dans le cadre actuel. Commençons par caractériser les défis, en simplifiant, ils sont au nombre de trois.

D’abord, à court terme, il va falloir gérer un trou d’air dans l’économie car le confinement crée un choc immense dans la restauration, le tourisme, la construction et l’industrie; même si certains secteurs tiennent comme l’alimentaire et les communications, l’économie dans son ensemble est secouée. Il est ensuite à peu près sûr que suivra dans un bref délai une accélération violente et donc une surcharge temporaire de travail. Voilà pour le court terme.

Ensuite, à plus long terme, il est absolument évident que des pans entiers de l’économie vont décroître concomitamment à l’apparition de nouveaux secteurs. Il y a donc un problème de formation permanente, problème qui contient une gigantesque opportunité si on s’y prend bien.

A long terme, il est évident que des pans entiers de l’économie vont décroître concomitamment à l’apparition de nouveaux secteurs. Il y a donc un problème de formation permanente

Xavier Fontanet

Il faut trouver enfin une compensation pour rémunérer les efforts que cette nouvelle stratégie va demander à tous.

La première idée serait de s’inspirer des CDI à temps variable imaginés par le duo Hartz/Schroeder en Allemagne au début des années 2000. Il s’agirait pour l’employé et son employeur de s’accorder sur une flexibilité du temps de travail hebdomadaire. Celui-ci pourrait varier d’un minimum de 4 × 7 heures, soit 28 heures par semaine, à un maximum disons de 5 × 9, soit 45 heures. Ce nouveau type de CDI a fait ses preuves depuis 15 ans en renforçant considérablement l’économie allemande.

La deuxième idée serait de regarder du côté de Singapour. Dans sa dernière allocution, son premier ministre a expliqué à ses concitoyens que des pans entiers de l’économie allaient être remplacés par de nouveaux métiers. Il s’agit donc de former une partie importante de ceux qui sont aujourd’hui au travail: ceci peut se faire en accordant un crédit formation significatif, crédit utilisé chaque année en accord avec l’entrepreneur en assurant une compatibilité entre le temps de travail et le temps consacré à la formation. Le système est d’ailleurs en place en France actuellement, il suffit de l’amplifier.

La troisième idée, la touche française, c’est évidemment de trouver une compensation intelligente à cette modification substantielle du contrat de travail; elle est toute trouvée, c’est l’actionnariat salarié, domaine dans lequel la France est en tête dans le monde. Les salariés qui accepteraient ce changement de contrat de travail se verraient octroyer (dans des conditions à négocier) une part du capital de l’entreprise.

« Il est 100 fois plus intelligent de passer directement du capital au personnel en créant la motivation dans l’entreprise plutôt que d’utiliser la case fiscalité qui décourage et crée l’exil »

Xavier Fontanet

Cela marquerait une évolution positive du capitalisme qui permet une participation renforcée de tous à la prospérité de l’entreprise. Sans compter qu’il y a là une des solutions au problème de la retraite dans le cas d’une rémunération sous forme d’actions, puisque le collaborateur se constitue au fil des ans un capital qui permet de l’augmenter dans des proportions considérables, et ce quel que soient les crises financières temporaires, comme le démontrent les entreprises qui ont pratiqué l’actionnariat salarié depuis longtemps.

Et les fonctionnaires, dira-t-on? Très simple, ils pourront eux aussi cotiser dans un fond diversifié composé d’actions d’entreprises françaises ou européennes à fort actionnariat salarié; ils seront ainsi motivés au bon fonctionnement de nos entreprises .

L’avantage de cette dernière formule serait de répondre à tous les gens qui rêvent de ressusciter l’ISF, ce même ISF qui a contribué à épuiser la France, la priver de capital et de talents; on ne rappellera jamais assez que l’entrepreneur est un bien précieux pour un pays et qu’il est 100 fois plus intelligent de passer directement du capital au personnel en créant la motivation dans l’entreprise plutôt que d’utiliser la case fiscalité qui décourage et crée l’exil.

Avec les grèves insensées de la CGT utilisant des secteurs détenant un monopole dans des services essentiels pour pourrir la vie de leur concitoyens et chercher à influencer le parlement, on se rend bien compte que le paritarisme est à remettre à plat: voilà une bonne occasion d’y travailler».



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