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Finance

L’AFER se prépare à la vente de son partenaire Aviva France



L’Association française d’épargne et de retraite (AFER) se prépare au divorce après 44 ans de mariage avec l’assureur Aviva, qui avait racheté Abeille Vie, le tout premier partenaire historique. A peine nommée à la direction générale du groupe britannique, Amanda Blanc a dressé les contours de sa nouvelle stratégie, le 6 août dernier, lors de la présentation des résultats semestriels. Et le virage s’annonce radical : « nous allons nous concentrer sur nos activités les plus solides au Royaume-Uni, en Irlande et au Canada », a-t-elle annoncé.

L’avenir d’Aviva France en question

Si Amanda Blanc a pris soin de ne pas explicitement indiquer que les actifs devenus « non stratégiques » du groupe, notamment en Europe et en Asie, étaient à vendre, elle a cependant reconnu devant les analystes que ces derniers pouvaient être cessibles dans l’hypothèse où le groupe serait dans « l’incapacité d’améliorer les cash-flows et le retour sur investissement » de ces actifs.

Pourtant, après les déclarations d’Amanda Blanc, le directeur général d’Aviva France et Aviva Europe, Patrick Dixneuf, a rappelé « que cette décision ne remet en question ni notre plan d’actions, ni la relation de confiance pérenne que nous avons développée avec nos partenaires, nos distributeurs et nos clients. Nous sommes plus que jamais déterminés à poursuivre nos plans de développement et nos engagements auprès d’eux ».

L’AFER s’attend à la vente d’Aviva France

Entre « cessible » et « à vendre », il n’y a qu’un pas sémantique que l’AFER, principal partenaire d’Aviva France, semble prêt à faire. Dans un bref communiqué, publié mercredi, l’Association « prend note de la décision d’Aviva Monde » et souligne « qu’elle veillera à ce que le futur partenariat repose sur une véritable confiance, un dialogue constructif et un développement harmonieux, respectueux des intérêts de ses adhérents ».

L’Association pèse lourd dans les comptes d’Aviva France avec ses 760.000 adhérents et plus de 55 milliards d’euros d’encours d’assurance-vie (à fin 2019). Ces contrats sont gérés au sein d’un Groupement d’intérêt économique entre l’Afer et trois filiales d’Aviva France. « Ce qui est déclaré cessible sera cédé, déclare aux « Echos » Gérard Bekerman, président de l’AFER. Nous surveillerons de très près la décision souveraine d’Aviva afin de nous assurer que le futur partenaire respectera l’ADN de l’AFER ».

Un contexte peu porteur pour l’assurance vie

Les relations d’affaires entre l’AFER et son partenaire ont souvent été tendues, et l’association a la réputation d’avoir négocié à son profit la répartition des commissions. En fin d’année dernière, les deux partenaires ont vivement discuté des montants alloués à la provision pour participations aux bénéfices (PPB) et à la provision pour dépréciation durable (PDD), qui impactent directement le rendement du contrat de l’assurance-vie en euros ( 1,85 % en 2019 ). Et régulièrement, des rumeurs de divorce agitent le monde de l’assurance.

La cession d’Aviva France s’annonce cependant difficile. Le contexte de taux d’intérêt bas n’est pas favorable à un portefeuille d’assurance-vie . Et la filiale française a dû être recapitalisée par sa maison mère à hauteur de 160 millions d’euros en 2019.

La filiale n’a pas la taille critique, ni en assurance vie (4 milliards de primes en affaires directes en 2019), ni en assurance dommages, mais dispose d’un réseau d’un millier d’agents généraux en France. En outre, Aviva France détient une petite perle, le réseau de conseillers financiers de l’Union financière de France (UFF), coté en Bourse et valorisé 257 millions d’euros.

Quelques grands assureurs étrangers, comme Allianz, pourraient être intéressés, pour gagner quelques points de part de marché dans l’Hexagone. Tout est, comme toujours, une question de prix. Si le courtier J.P Morgan Cazenove évalue les activités vie en France à plus de 3 milliards d’euros, sa valorisation sur le marché serait plus proche de 2 milliards d’euros, selon un banquier d’affaires.



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