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Economie

L’annonce du couvre-feu assombrit un peu plus l’avenir des VTC


Pour les chauffeurs, c’est la catastrophe. L’instauration d’un couvre-feu annoncée par Emmanuel Macron ce mercredi n’a fait qu’assombrir un horizon déjà peu reluisant.

Ce mercredi, le président de la République a déclaré qu’un couvre-feu serait mis en place de 21 heures à 6 heures du matin à partir de samedi à Paris et sa petite couronne ainsi que dans huit autres métropoles : Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Rouen, Toulouse, Montpellier, Saint-Etienne. Une mesure à l’impact économique catastrophique pour de nombreux secteurs comme l’hôtellerie et la restauration mais pas seulement. Les taxis et VTC travaillant de nuit se voient eux aussi pénalisés par une telle décision. En effet, beaucoup privilégient de rouler le soir et la nuit plutôt que la journée car le trafic y est plus fluide, moins embouteillé. «La journée vous allez passer 30 minutes sur une course qui de nuit vous aurait pris 5 à 10 minutes, pour le même prix», explique Ben Ali Brahim, secrétaire général de l’intersyndicale nationale VTC (INV). Travailler la journée peut donc représenter un manque à gagner. D’autant que le nombre de chauffeurs disponibles risque d’augmenter, ceux ne pouvant plus travailler la nuit se reportant sur des horaires de journée. «Il va y avoir trop de chauffeurs pour pas assez de clients», confirme Ben Ali Brahim.

Depuis le confinement, l’activité des taxis et VTC a drastiquement chuté et peine à se relever. «La situation est catastrophique. Selon un sondage réalisé auprès de près de 4.000 de nos adhérents, 96% ont dit rencontrer des difficultés. Depuis mars, il y a eu entre 70 et 90% de perte du chiffre d’affaires», explique Ben Ali Brahim qui ajoute : «aujourd’hui, pour une journée de 15 heures, un chauffeur réalise entre 40 et 60 euros de chiffre d’affaires contre 200 à 250 euros avant la crise sanitaire»

«On tourne toujours à vide»

Sayah Baaroun abonde : «On est déjà à genoux». Pour le secrétaire général du SCP-VTC l’annonce de ce mercredi soir noie tout espoir d’un redémarrage de l’activité en berne depuis huit mois. «Pendant le confinement, seul 5 à 10% de la profession a travaillé et depuis le déconfinement, on tourne toujours à vide», regrette-t-il. Selon lui, la faible reprise de l’activité observée jusque-là n’a, en effet, pas permis au secteur de sortir la tête de l’eau. «Un chauffeur qui dégage entre 6.000 et 8.000 euros par mois de chiffre d’affaires a entre 3.500 et 4.500 euros de charges fixes. Vous devez payer la voiture, l’assurance, la mutuelle et les charges sociales. Et le salaire des chauffeurs est souvent inférieur au smic», explique-t-il, demandant que le secteur bénéficie d’une exonération de ces charges plutôt que d’un report comme c’est le cas actuellement.

Ben Ali Brahim veut toutefois rester optimiste après une rencontre avec la directrice de cabinet du ministre délégué chargé des PME, Alain Griset, ce mercredi. Selon le secrétaire général de l’INV, le secteur des VTC pourrait obtenir de figurer sur la liste S1 dont les inscrits, notamment l’hôtellerie, la restauration, les cafés ou encore l’événementiel et le tourisme, bénéficient «d’un soutien renforcé par l’État», selon le gouvernement. Actuellement, VTC et taxi sont sur une autre liste, la liste S1 bis, qui implique d’avoir «subi 80% de perte de chiffre d’affaires» «pour bénéficier des mesures renforcées». «C’est un début de victoire», se réjouit le syndicaliste.



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