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Finance

L’antitrust américain accuse Visa de vouloir faire disparaître un concurrent



Publié le 6 nov. 2020 à 15:45

Le chinois Alibaba, écarté en 2018 du rachat du spécialiste américain des paiements Moneygram, n’est plus seul à essuyer les foudres des autorités outre-Atlantique. Alors que l’ensemble des Etats-Unis est pendu à l’issue des élections américaines, le Département de la Justice (DoJ) a annoncé jeudi engager des poursuites visant à contrer le rachat de la fintech Plaid par Visa.

Pour mettre la main sur cette plate-forme californienne qui agrège les données bancaires de millions de consommateurs, le réseau mondial de cartes avait mis sur la table en janvier 5,3 milliards de dollars – soit le double de la dernière valorisation de la cible. Pour la division de la concurrence du DoJ, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un cas de « killer acquisition » : le rachat d’un concurrent pour l’étouffer et préserver un monopole.

Depuis les rachats d’Instagram et Whatsapp par Facebook, la préoccupation est croissante aux Etats-Unis. En février, la commission en charge de l’antitrust FTC (Federal Trade Commission) a engagé des enquêtes spéciales à l’encontre de cinq géants de la tech, Amazon, Apple, Facebook, Alphabet et Microsoft concernant leurs acquisitions entre 2010 et 2019. L’enjeu est d’autant plus sensible dans les données bancaires et les paiements.

Les Américains privés d’une alternative moins chère

Avec 70% de parts de marché dans les transactions de débit aux Etats-Unis, « Visa est un monopole , qui facture les consommateurs et les commerçants des milliards de commissions chaque année, souligne le Département américain de la Justice dans sa déclaration. Maintenant, Visa essaie d’acquérir Plaid, un concurrent émergent qui développe des services de paiements innovants et moins chers. Si il est autorisé, ce rachat priverait les commerçants américains et les clients d’une alternative à Visa », déclare Makan Delrahim de la division concurrence du DoJ.

Dans ses poursuites, le ministère de la Justice cite des documents internes de Visa datant de 2019 qualifiant Plaid de «volcan», à même de «menacer Visa». Racheter la fintech californienne, avait assuré le directeur financier du réseau mondial de cartes, c’est gagner une «police d’assurance pour protéger notre business de paiements de débit aux Etats-Unis». Et si Plaid était racheté par un concurrent, Visa aurait perdu 300 à 500 millions de dollars de marché. De facto, si Visa n’était pas parvenu à racheter Plaid, il aurait été obligé de réduire ses marges, ou à défaut de voir son offre devenir beaucoup moins compétitive.

Visa s’est défendu en avançant que Plaid n’était tout simplement pas une société de paiement. « Cette action reflète un manque de compréhension de l’activité de Plaid et de l’environnement très compétitif dans lequel Visa opère », a argué le réseau.



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