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Economie

L’apprentissage, un rempart au chômage des jeunes en Europe


INFOGRAPHIE – Autrefois relégué comme une voie de seconde zone, le contrat d’apprentissage a séduit plus de 500 000 jeunes en France l’an dernier. Un chiffre en hausse mais encore loin des ténors européens.

L’année 2020 a été historique pour l’apprentissage en France : le cap des 500 000 entrées en apprentissage a été franchi, selon une note publiée le 8 juillet dernier par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Cette voie de formation en alternance permet aux jeunes de 15 à 29 ans d’accéder à une qualification, en combinant des périodes d’emploi en entreprise et des périodes en centre de formation. Face à une surexposition des jeunes au chômage, la Commission européenne se donne pour objectif de promouvoir l’apprentissage.

Si le contrat d’apprentissage a longtemps été considéré en France comme une solution à l’échec scolaire, il est désormais plébiscité par les jeunes de tous les niveaux de diplômes du CAP au Master. Les chiffres publiés par la Dares parlent d’eux-mêmes. Le nombre d’entrées en apprentissage a bondi de 42% en 2020. Une hausse tirée par les alternants de niveau licence et master. L’année 2019 avait déjà marqué un record avec près de 369 000 contrats d’apprentis signés. Un plébiscite qui s’explique pour une grande partie par la réforme de l’apprentissage de 2018. La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel permet, depuis, d’élargir l’âge des apprentis jusqu’à 29 ans révolus au lieu de 25 ans auparavant. Elle offre la possibilité d’entrer en apprentissage à tout moment au cours de l’année. Mais surtout, elle libéralise l’activité, puisque la formation en apprentissage peut désormais être assurée par tout organisme de formation et même directement par des CFA d’entreprise.

En 2020, la tendance a été maintenue malgré la crise sanitaire. Les aides du gouvernement, sous la forme de prime de 5 000 à 8 000 euros pour l’embauche d’un alternant, ont permis de mobiliser les entreprises pour éviter une chute de l’embauche d’alternants.

De manière générale, le modèle de l’apprentissage est encore peu développé dans de nombreux pays d’Europe. Les États européens possèdent chacun leur propre système de formation. Une grande part d’entre eux ont maintenu un tronc commun de l’enseignement dans le secondaire. Tandis que des pays comme la Suisse, le Danemark ou l’Allemagne se démarquent par la place importante de l’apprentissage dans le système éducatif. Ces derniers ont mis en place des systèmes d’orientation précoce des élèves vers la voie de l’alternance.
Si les efforts des politiques françaises ont porté leurs fruits, l’Hexagone reste, comme plusieurs États européens, encore loin des ténors. Avec près de 1,5 million d’alternants, le poids de l’apprentissage en Allemagne est trois fois plus élevé qu’en France.

Promouvoir l’apprentissage partout en Europe

En 2013, cinq ans après la crise financière qui a entraîné un effondrement historique de l’emploi et particulièrement chez les jeunes, la Commission européenne lance l’Alliance européenne pour l’Apprentissage. L’organisme a comme objectif principal de promouvoir l’apprentissage partout en Europe. Le constat est clair : il existe une inadéquation entre les compétences des jeunes et celles demandées par les entreprises. Les jeunes européens n’ont jamais été aussi instruits qu’ils ne le sont aujourd’hui. Pourtant, le taux de chômage des jeunes européens reste élevé et plus de 2,5 millions de postes vacants ne sont pas pourvus, selon le décompte d’Eurostat pour le premier trimestre 2021. Depuis, un grand nombre de gouvernements se sont engagés de manière concrète à renforcer la quantité et la qualité des offres d’apprentissage.

En 2020, Une année marquée par la crise sanitaire, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans avoisine les 20% dans l’Union européenne. Les disparités entre pays sont fortes : le taux de chômage des jeunes dépasse 30 % en Grèce et en Espagne alors qu’il est inférieur à 8% en Allemagne ou aux Pays-Bas. De son côté, la France affiche un taux de 20 %, bien supérieur à la moyenne européenne.

L’apprentissage, un rempart contre le chômage

«Il existe un large consensus en Europe sur le fait que l’apprentissage peut être un moyen efficace pour aider les jeunes à effectuer une transition plus harmonieuse entre l’école et l’emploi et de remédier aux déséquilibres du marché du travail», estime le CEDEFOP, l’agence européenne de promotion de l’alternance. Plus largement, l’objectif est de rapprocher les jeunes de l’emploi par l’alternance. Dans ce domaine, la France se classe très loin derrière l’Allemagne, le Danemark ou la Suisse, pays qui passent pour exemplaires en matière d’apprentissage.

Le pourcentage d’apprentis parmi les jeunes scolarisés dans le secondaire dépasse les 40% outre-Rhin contre 10% en France. Mais surtout, le taux d’emploi des jeunes fait partie des plus élevés d’Europe. Supérieure à 61% en Allemagne et au Danemark, la part des jeunes dans la tranche 15-29 ans en emploi atteint 72% en Suisse, alors qu’il affiche près de 45% en France. Plusieurs notes et rapports se succèdent pour établir une corrélation positive entre le niveau d’apprentissage et l’employabilité des jeunes. L’Institut Montaigne publiait en 2015 un rapport qui s’intitule : L’apprentissage, un vaccin contre le chômage des jeunes.
En France, le ministère de l’emploi indique qu’en moyenne, 7 apprentis diplômés sur 10 trouvent un emploi dans les 7 mois suivant la fin de leur formation en apprentissage.



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