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Economie

L’attractivité de la France pour les dirigeants américains en recul pour la première fois depuis 2015


Cette érosion de la confiance des investisseurs étrangers, conjuguée au contrecoup de la crise mondiale devrait notamment se traduire sur l’emploi

Il y a un an, les investisseurs américains parvenaient à passer outre la crise des Gilets jaunes et les grèves contre la réforme des retraites, réussissant ainsi à se projeter dans une France désormais «business friendly» et en train de se réformer… Et ceux qui restent aujourd’hui les premiers investisseurs étrangers et les premiers employeurs étrangers dans l’Hexagone faisaient état d’un vrai regain d’optimisme sur les opportunités dans le pays. Bref, tout était plutôt bien engagé.

Rien ne laissait, évidemment, présager l’année que nous allions connaître. Une crise sanitaire et économique plus tard, le Baromètre 2021 de la Chambre de commerce américaine en France (AmCham) et du cabinet de conseil Bain & Company, montre que désormais la France divise.

Même si 48% des dirigeants interrogés estiment que leur groupe a une bonne image de l’hexagone, ce chiffre est en recul pour la première fois depuis 2015, et à son plus bas niveau depuis 2017. L’an dernier, ils étaient près de 64% à avoir une bonne image de la France. Cette érosion, conjuguée au contrecoup de la crise mondiale devrait notamment se traduire sur l’emploi : 28% des investisseurs américains pensent que leurs effectifs diminueront dans les 2-3 ans à venir, soit 21 points de plus que l’an dernier, pour seulement 27% qui pensent qu’ils augmenteront (51% l’an dernier).

De plus en plus de détracteurs

Dans un contexte de «déstabilisation, d’incertitudes et de frilosité, la France polarise davantage les opinions», résume Marc-André Kamel, associé chez Bain & Company. Elle peut toujours compter sur un socle stable d’investisseurs qui font la promotion du pays (16% d’entre eux), mais elle a dans le même temps de plus en plus de détracteurs (36%), les autres étant neutres. Ce qui n’empêche pas 96% des entreprises américaines installées sur le territoire d’approuver les mesures de soutien du gouvernement ainsi que le plan de relance. Près des trois quarts se déclarent quand même inquiets du creusement de la dette publique. « Ils se disent qu’un jour, quelqu’un va devoir payer la facture», souligne Marc-André Kamel. En outre, les chefs d’entreprise se remettent à citer le climat social comme principal faiblesse française, alors que la critique qui avait été reléguée au second rang ces dernières années…

«Il faut aussi avoir conscience que les investisseurs sont à l’affût du moindre signe qui ne serait pas cohérent avec les mesures de relance annoncées», insiste Bijan Eghbal, président de l’Amcham France. Une affaire complexe comme celle du rachat avorté de Carrefour par le groupe canadien Couche-tard, suite au veto de l’État, «peut vite être simplifiée ou interprétée dans les médias américains et conduire ensuite à une certaine frilosité des investisseurs», prévient celui qui est aussi avocat associé chez DLA Piper. «Ce genre de message est opposé à la culture anglo-saxonne. Ça met de l’eau au moulin au protectionnisme, ce qui n’est jamais bon quand on veut faire venir de l’argent frais dans notre pays», conclut-il.



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