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Economie

Le bien-être au travail, une valeur sûre aussi pour les fonds d’investissement


C’est une première en France. Actionnaire majoritaire de 14 PME, la société de capital investissement Ekkio Capital a décidé d’y mesurer la qualité de la vie au travail. Elle a chargé Great Place to Work (GPTW) – membre d’un réseau mondial d’experts en accompagnement des collaborateurs — de mener l’enquête, avec des questionnaires précis adressés aux collaborateurs et une analyse des pratiques managériales de chaque entreprise.

«Nous investissons surtout dans la santé, le tourisme, les loisirs. Ce sont souvent des sociétés de services où la réussite dépend en grande partie du facteur humain», souligne Jean-Marc Scéo, le président d’Ekkio Capital. Or, le bien-être au travail est, à ses yeux, aussi efficace, pour impliquer les collaborateurs, que l’actionnariat salarié. «Notre démarche va améliorer la performance globale de ces entreprises», indique-t-il.

Un autre modèle d’entreprise

Huit PME, pour commencer, vont se soumettre à cet exercice. L’objectif, après ce premier diagnostic, est d’établir un plan d’action pour progresser et de quantifier les avancées au fil des années, grâce à de nouvelles enquêtes, tous les ans ou tous les deux ans.

Great Place to Work, qui a développé une méthode pour comparer la qualité de vie au travail d’une entreprise à l’autre, attribue également un label aux champions de la bonne ambiance au bureau. Cette distinction pourrait permettre à ces petites entreprises, si elles l’obtiennent, d’attirer plus facilement des talents.

« Le modèle de l’entreprise où tout repose sur un dirigeant omniprésent n’est pas pertinent quand la PME se développe. Un management de qualité est donc aussi un point positif pour d’éventuels acquéreurs. Travailler sur la qualité de vie au travail contribuera également à valoriser notre participation dans ces entreprises» espère le président d’Ekkio Capital.

Un intérêt croissant

Cette société, qui gère 300 millions d’euros, est la première dans le monde du capital investissement à signer un partenariat avec GPTW et à offrir ce diagnostic (soit un budget d’environ 10 000 euros par entreprise) aux PME dans lesquelles elle a investi. «Mais, de façon générale, les investisseurs comme nous s’intéressent de plus en plus à l’ESG (Environnement, social, gouvernance)», relève Jean-Marc Scéo.

La responsabilité sociétale des entreprises n’est pas, en effet, la chasse gardée des grands groupes. «Nous avons aussi, parmi nos clients, de nombreuses PME, soucieuses de mesurer leur performance managériale et sociale» assure ainsi Jullien Brezun, directeur général de Great Place to Work.

Accompagner la transition

Mais le chantier à mener est lourd pour une petite entreprise. «C’est beaucoup de travail. L’enquête Great Place to Work mobilise par exemple 80% du temps de travail de notre directrice des opérations depuis un mois» soupire Marc Léonard, président de Caliceo, une des PME concernée, spécialisée dans les espaces de remise en forme aquatique.

Mais le jeu en vaut la chandelle, pour transformer l’entreprise, rachetée il y a deux ans à la famille qui l’avait fondée. «Nous cherchions justement quelque chose pour faire partager aux salariés les changements managériaux que nous voulons insuffler, nos valeurs de transparence et de bienveillance» explique-t-il.

Un signe pour les salariés

Déjà, les collaborateurs ont bien accueilli l’idée de cette enquête. «Elle est le signe d’une remise en question, et une opportunité de s’exprimer sur la manière dont nous avons, dans l’entreprise, envie de travailler» s’enthousiasme ce patron qui ne cache pas avoir, initialement, accueilli la proposition de son actionnaire avec un peu de scepticisme. Il compte aujourd’hui sur cette démarche pour établir un socle sur lequel définir de nouvelles méthodes de travail.

Manuel Navailles, le président d’Apperton, une autre PME bientôt évaluée par GPTW, en espère aussi beaucoup. Cette société, qui stérilise les instruments chirurgicaux pour les hôpitaux, vient en effet de fusionner deux entreprises différentes sous une même bannière. Une réorganisation synonyme de nombreux changements pour des collaborateurs, dont certains, initialement mieux lotis que les autres, ont perdu au passage certains avantages salariaux.

Restaurer la crédibilité du management

«Je me déplace beaucoup sur nos sites pour faire passer des messages, changer la culture d’entreprise, pour que les collaborateurs soient fiers d’y travailler, pour valoriser les valeurs de convivialité, d’équité«» insiste-t-il. La démarche engagée avec GPTW à la demande de son actionnaire Ekkio Capital devrait l’aider à asseoir la crédibilité de ce nouvel environnement managérial et à créer un climat de confiance dans l’entreprise, espère-t-il.

Ce sera le contraire, insiste-t-il, de ce qu’il a connu dans un grand groupe international, où les valeurs étaient revendiquées, mais pas toujours appliquées. «Je ne me fais d’illusions sur les premiers résultats de cette étude, qui arrive un peu tôt dans notre histoire. Mais elle va nous aider à prioriser nos actions, et permettre de mesurer nos progrès» conclut-il.



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