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Economie

Le chômage de longue durée va exploser dans les mois à venir


Malgré la myriade de dispositifs d’aides déployés ces dernières semaines, l’inévitable n’aura su être évité… Après deux mois de confinement et de ralentissement de l’économie sans précédent, le nombre d’inscrits en catégorie A à Pôle emploi a bondi de plus d’un million en à peine deux mois. Et entre le gel des embauches et la menace de nombreux plans sociaux qui planent sur le tissu économique français, la tendance ne devrait pas s’inverser dans les mois à venir.

Face à cette situation, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) présente ce mercredi un avis dédié à la prévention et la réduction du chômage de longue durée, avec un ensemble de propositions pour y remédier à la clé. Car avec l’arrivée de nouveaux demandeurs d’emploi, les chômeurs de longue durée vont voir leurs chances de trouver un emploi amoindries, du fait notamment de la concurrence avec des profils plus «employables», et leur période d’inactivité sera dès lors renforcée.

En France, au sens du Bureau international du travail (BIT), on comptait en 2018 pas moins de 1,112 million de personnes au chômage depuis plus d’un an, soit dit «en chômage de longue durée» d’après la définition de l’Insee. Un chiffre qui représente 3,8% de la population active. Et en 2019, malgré un recul net du chômage, le nombre de demandeurs d’emploi en recherche depuis plus d’un an a lui augmenté pour atteindre 47,5% de la part globale des chômeurs.

Face à cette problématique, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Un jeune non diplômé sur deux fait par exemple l’expérience du chômage de longue durée avant d’accéder à un emploi. De la même manière, en 2018, 57,7% des chômeurs de plus de 50 ans étaient en recherche depuis plus d’un an et 38% depuis plus de deux ans. Et les périodes d’inactivité s’apparentent à un réel frein. «La durée de la privation d’emploi augmente la difficulté de retour à l’emploi», souligne en ce sens l’étude du Cese.

Pour remédier à cette situation qui va s’amplifier dans les prochains mois, le Conseil économique, social et environnemental préconise une meilleure gouvernance territoriale de la prévention et de la réduction du chômage de longue durée. Cela se traduirait par une contractualisation des acteurs territoriaux –régions, départements, opérateurs de compétences– et un élargissement de leurs compétences «pour assurer une répartition efficace des rôles en matière d’accompagnement et de suivi des personnes vulnérables sur le marché du travail».

Le Cese souhaite également faciliter l’accès à l’emploi par le biais d’une meilleure «articulation entre les dispositifs d’aides sociales dont peuvent bénéficier les chômeurs de longue durée». L’assemblée constitutionnelle encourage par ailleurs à pérenniser, au-delà du quinquennat, le plan d’investissement dans les compétences (PIC) qui doit, par des actions de formation, répondre aux problématiques d’employabilité des publics les plus éloignés de l’emploi. Un dispositif qui n’a, pour l’heure, pas encore fait ses preuves.



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