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Finance

Le crédit à la consommation tente de limiter la casse



La crise sanitaire a brisé net l’élan du crédit à la consommation. Depuis cinq ans, ce mode de financement avait connu une embellie en France alors que les consommateurs – par comparaison aux pays voisins ou aux Etats-Unis – en sont traditionnellement peu friands.

Report des échéances

Au premier trimestre, la production de nouveau crédits a reculé en raison de l’arrêt de la consommation lié au confinement. Le montant total des crédits à la consommation a baissé de plus de 5 %, à 10,2 milliards d’euros, soit « la plus forte contraction trimestrielle depuis le premier trimestre 2012 », précise l’Association française des sociétés financières. Et encore, la baisse a été de 25 % en mars !

La quasi-totalité des métiers ont souffert, avec une baisse de l’activité particulièrement marquée pour les financements d’automobiles d’occasion (-11,1 %) ou de véhicules neufs (-9,3 %). Les prêts personnels sont pour leur part en recul de plus de 6 % sur un an.

Mais la suite de l’année s’annonce encore plus sombre, l’essentiel du confinement ayant pesé sur le deuxième trimestre. « Très peu d’acteurs ont communiqué sur leur baisse d’activité pendant la période de confinement », observe Nicolas Renaud, consultant chez Sémaphore Conseil. Seul Younited Credit, nouveau venu sur le marché, a évoqué, dans un podcast, une chute des demandes de prêts de l’ordre de 50 % depuis le début du confinement.

Pour l’heure, les acteurs du crédit veulent surtout éviter une vague d’impayés. « Certains ont rappelé ou élargi la possibilité pour l’emprunteur de reporter des échéances ou de réduire les mensualités, parfois sans frais », poursuit Nicolas Renaud. Franfinance (filiale de Société Générale) a mis en place un automate pour faciliter les demandes de report. De son côté, Crédit Agricole Consumer Finance a déployé des nouvelles procédures automatisées pour répondre plus vite aux demandes des clients les plus fragiles. Au 30 avril, la société a mené des diagnostics auprès de 1.760 clients, soit une augmentation de 85 % sur la même période en 2019.

Une relative frugalité

Le temps presse alors que la menace du chômage s’accroît et que les taux du crédit à la consommation risquent de remonter dans le sillage des crédits immobiliers . Aujourd’hui, un « bon » dossier de crédit à 36 mois se négocie autour d’un taux de 2 % (le taux moyen est de 3,76 % en mars, selon la Banque de France).

Reste une grande inconnue : l’appétence des Français pour une reprise de la consommation. Selon la dernière enquête de l’INSEE, publiée mardi, la confiance des ménages est à nouveau en baisse, même si la proportion des foyers qui estime que le moment est venu de faire des achats importants remonte fortement. Et selon une enquête Harris Interactive, 53 % des Français interrogés fin avril ont manifesté leur envie de rester dans une relative frugalité.

Crédit Mutuel se renforce chez Cofidis

Le Crédit Mutuel Alliance fédérale vient d’exercer une option d’achat sur 9,36 % du capital de Cofidis, numéro trois du crédit à la consommation en France (1,7 milliard de capitaux propres pour une production de 7,5 milliards en 2019). Le groupe mutualiste porte ainsi sa participation totale à 80 %, et son directeur général, Daniel Baal, n’a pas exclu une prise de contrôle à 100 %. C’est dans le sillage de la crise financière de 2008 que la banque mutualiste était devenue l’actionnaire de référence de Cofidis (ex-filiale des 3 Suisses), spécialisé dans le crédit en ligne. Une opération qui s’est avérée rentable : le résultat net de Cofidis a été depuis multiplié par trois à 214 millions d’euros à la fin 2019.



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