Image default
Economie

Le dernier fabricant de jeux d’échecs en France relancé par une série Netflix


L’entreprise Roz, dans le Jura, connaît un nouvel essor de ses ventes depuis le succès de la série «Le jeu de la dame» sur Netflix.

Contrairement à de nombreuses petites entreprises qui ont connu des difficultés ces derniers mois, la tournerie Roz a rencontré un succès inattendu. Cette petite entreprise fabrique des jeux d’échecs et autres jeux en bois, quilles, boules et petits chevaux depuis les années 1950. Brigitte Roz en a hérité de son père dans les années 90. Depuis, la tournerie avait souffert de la délocalisation des productions de jeux d’échecs en Chine. Les clients fidèles l’avaient quittée du jour au lendemain, il avait fallu écouler les stocks de bois, et réduire considérablement les effectifs. « La Chine, ça a été terrible », se souvient la gérante actuelle. D’une quarantaine d’ouvriers dans les années 60, ils ne sont plus aujourd’hui qu’elle et son mari Patrick pour s’occuper de tout.

Mais, depuis quelques mois, deux faits inattendus sont venus redorer l’avenir de l’entreprise. Les confinements et couvre-feux successifs d’abord, propices aux jeux d’intérieur, ont apparemment poussé les Français à renouer avec les jeux d’échecs, devenus plus niches ces dernières années. Puis le succès de la série « Le jeu de la dame » sur Netflix, récemment élue meilleure série de l’année aux Golden Globes, qui raconte le parcours d’une jeune orpheline devenue championne d’échecs, semble avoir fait émerger de nouvelles passions.


Nous vendons plus de 200 jeux de 32 pièces par mois depuis décembre, avant c’était moitié moins »

« Le coronavirus a donné davantage aux gens le temps de chercher ce qui se fait en France. J’étais très loin dans le référencement, dès le premier confinement je suis remontée.», explique la fabricante. Un succès qui se voit dans les chiffres : « Nous vendons plus de 200 jeux de 32 pièces par mois depuis décembre, avant c’était moitié moins», et qui était loin d’être prévisible : «L’année dernière à la même époque j’avais envoyé 400 mails à des magasins dans toutes les villes de plus de 100.000 habitants, j’ai eu deux réponses. Cette année ça vient de tous les côtés.»

Il faut désormais faire face de leurs quatre bras à cette demande accrue, à laquelle les deux fabricants répondent à flux tendus, sans négliger la qualité des pièces. La plupart des machines sont obsolètes depuis longtemps, et la petite entreprise n’a pas réinvesti. La production se fait donc en grande partie à la main ou au tour automatique. « Par exemple, pour un roi, on le scie, on ébouche, on tourne, on finit à la base, au-dessus, la croix, on strie, et on teinte ». Mais le couple ne compte pas ses heures pour honorer les commandes, «aujourd’hui les gens sont obligés d’attendre un peu, car on fabrique, on vend, je n’ai aucun stock ».

Malgré le succès, Brigitte et Patrick Roz-Bruchon pensent prendre leur retraite bientôt, comme ils l’avaient prévu, mais au lieu de fermer, la tournerie Roz va certainement pouvoir perdurer, trois repreneurs se disent déjà intéressés. Le couple pourra peut-être, à son tour, jouer aux échecs, «pour cela, il faut avoir le temps».



Source link

Autres articles

les données sont-elles parties en fumées ?

administrateur

son origine, son potentiel, ses risques en sept questions

administrateur

Pourquoi n’y a-t-il pas de restrictions supplémentaires dans les transports franciliens ?

administrateur

«le compte n’y est pas» selon Jean-Pierre Clamadieu

administrateur

l’accès au fonds de solidarité «sur-mesure» à partir du mois de juin

administrateur

Accusé de relayer des thèses complotistes, FranceSoir conserve finalement son statut de site d’information

administrateur