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Economie

Le dialogue sur le télétravail post-Covid «ne va pas être évident», juge François Asselin


«Ça va être un dialogue difficile, mais c’est toujours au niveau de l’entreprise que ces choses-là trouvent une solution», a souligné le dirigeant de la CPME.

Habitués à travailler de chez eux depuis plus d’un an, les millions de Français en télétravail vont-ils devoir reprendre le chemin du bureau en maugréant ? Interrogé sur France Inter, ce samedi, le patron de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin, a estimé que le dialogue qui va devoir s’établir entre employeurs, d’une part, et salariés, d’autre part, «ne va pas être évident».

«On est un peu dans ces deux contradictions. D’un côté, on aurait envie d’organiser sa vie professionnelle comme on l’entend, choisir le nombre de jours au bureau ou chez soi. Et de l’autre, vous avez l’employeur qui […] doit décider». La négociation doit se faire «de façon non contrainte», a-t-il jugé, et elle «ne va pas être évidente». «Ça va être un dialogue difficile, mais c’est toujours au niveau de l’entreprise que ces choses-là trouvent une solution», a souligné François Asselin.

Pour le dirigeant de la CPME, le télétravail n’aura pas d’effet négatif sur les salaires. Mais «loin des yeux, loin du cœur», a-t-il mis en garde : «on a besoin de faire équipe», et le travail à distance risque de pousser les employeurs à se demander, in fine, s’ils doivent «externaliser» certaines fonctions exercées en télétravail, en les confiant à des prestataires.

À voir aussi – Idée reçue : « Les salariés sont moins efficaces en télétravail »

Optimisme prudent pour l’avenir

Pour François Asselin, le gouvernement «a été à la hauteur de la situation» lors de la crise, aidant les entreprises qui en avaient besoin avec des aides bien calibrées. «On ne peut quand même pas dire que la France n’a pas pris soin de ses enfants. Pendant toute cette période de pandémie […], on a été soutenus par notre pays», a-t-il salué.

Le représentant est plutôt optimiste pour l’avenir : s’il y aura sans doute un «effet de rattrapage» du nombre de défaillances d’entreprises, une fois les aides publiques débranchées, pas de mur de faillites en vue pour autant. «Quand tout va bien, vous avez à peu près 51.000 défaillances d’entreprises en France. Nous n’en avons eu que 34.000 […] Nous risquons d’avoir, sur 12 mois glissants à partir du moment où les aides auront disparu, ce rattrapage plus les 51.000 naturelles. La sinistralité risque de monter autour de 70.000, ce qui n’est pas rien mais qui est tout à fait normal», a-t-il expliqué.

En outre, «les demandes de recrutement sont très dynamiques» et «les compteurs sont plutôt au beau fixe, au niveau de l’activité économique», a martelé Asselin, qui a plaidé pour une meilleure formation professionnelle et une meilleure orientation des jeunes vers des filières demandeuses en main-d’œuvre.

«La réforme des retraites sera nécessaire, à un moment ou à un autre», a réagi le patron des petits patrons, interrogé sur les propos récents d’Emmanuel Macron. Le temps législatif et politique se restreint pour remettre cette réforme controversée sur le métier, a-t-il souligné, ajoutant qu’il serait «très difficile d’engager cette réforme d’ici la fin du quinquennat». Mais ce dossier doit être repris en main «le plus rapidement possible, avec la plus grande sérénité», a jugé le représentant patronal.

À voir aussi – Comment organiser le travail après le Covid-19? Myriam El Khomri met en garde contre le risque de «fracture au sein des entreprises»



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