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Economie

le flou persistant autour de la réouverture agace les professionnels


Ils espèrent obtenir davantage de visibilité rapidement, pour préparer au mieux une reprise qui s’annonce compliquée.

Rouvriront, rouvriront pas ? Depuis six mois, les professionnels de l’hôtellerie-restauration scrutent chaque semaine les déclarations de l’exécutif, dans l’espoir de grappiller quelques informations sur leur sort. Entre craintes, abattement et colère, les restaurateurs attendent de savoir quand ils pourront enfin accueillir de nouveau des clients en salle.

Dernier épisode en date, le président de la République a déclaré, ce lundi, que les terrasses des établissements pourraient rouvrir «mi-mai». Cette première période serait suivie de «quelques semaines» d’attente pour autoriser l’accès aux salles elles-mêmes. Ce dispositif pourrait aussi évoluer selon les territoires : «on va sans doute fixer un seuil de taux d’incidence», a expliqué Emmanuel Macron, ajoutant qu’il ne serait pas possible de rouvrir des restaurants fin mai, début juin, «dans les départements où ça [le virus, NDLR] circule encore beaucoup».

Les propos du président de la République font soupirer Franck Delvau : «c’est exactement la même chose que ce que nous disait Jean Castex. Ce sont toujours des suppositions, alors que nous demandons des dates précises depuis le début», s’agace le patron de l’Umih en Île-de-France. «On continue à jouer au jeu du chat et de la souris. Mais quand vous êtes chef d’entreprise, fermé depuis le 29 octobre, comment voulez-vous vous organiser pour rouvrir votre bar, votre restaurant, avec ça ?», lance le représentant.

En outre, le chef de l’État est «déjà en retard» sur le calendrier qu’il avait fixé, indique Franck Delvau. «On nous dit qu’il va s’exprimer dans les jours à venir. La situation est difficile, mais soit on nous dit qu’on ne rouvrira pas avant juin, soit on nous fournit une date : nous avons besoin a minima de 15 jours pour nous préparer», voire de trois semaines, avance-t-il. «Nous tenir un discours aussi flou le 26 avril, on ne peut pas continuer comme ça, c’est affolant. Le premier ministre nous avait laissés dans le flou, jeudi, aujourd’hui nous y sommes encore», soupire le président de l’Umih-IDF.

Le représentant n’est pas le seul à s’inquiéter de la prudence affichée par l’exécutif sur la date de reprise de l’activité. «Nous ne sommes plus dupes des dates qui sont annoncées, aujourd’hui», dénonce le secrétaire général du Syndicat des indépendants (SDI), Marc Sanchez. «Il y a un gros problème de crédibilité du gouvernement sur ces sujets et un vrai ras-le-bol» sur le terrain, indique le représentant. En écoutant le premier ministre, jeudi, «on ne pouvait être convaincu que les activités rouvriraient le 15 mai», estime Marc Sanchez.

«Nous sommes inquiets parce que nous sommes passés de l’affirmatif du président de la République, au conditionnel du premier ministre», renchérissait à l’AFP le patron du syndicat patronal des indépendants de l’hôtellerie-restauration, le GNI, en fin de semaine dernière, suite à la conférence de presse de Jean Castex. «Cela laisse entendre qu’on n’est pas sûrs d’ouvrir et que l’ouverture pourrait être reculée dans un certain nombre de zones», ajoutait Didier Chenet, dénonçant une situation «inacceptable». Il faut dire que le premier ministre s’était montré particulièrement prudent sur ce sujet, refusant de s’engager sur un calendrier ou une liste d’activités pouvant reprendre en premier.

L’espoir d’une visibilité prochaine

L’idée d’une réouverture territorialisée ne rassure pas non plus les professionnels. Vu l’évolution de la situation sanitaire, «Paris et la région Île-de-France ne seront pas dans les premiers territoires à rouvrir», avance Franck Delvau, qui rappelle qu’un tiers des 18.000 restaurants, bars et cafés que compte Paris n’ont pas de terrasse et ne pourront donc pas non plus bénéficier de la première phase de réouverture. Des discussions sont d’ailleurs en cours avec la mairie sur ce dossier, afin d’accompagner les propriétaires d’établissements.

Même son de cloche du côté du syndicat des indépendants. Une réouverture territorialisée est qualifiée de «nouveau coup dur» par Marc Sanchez, qui souligne aussi «l’incertitude» qui entoure ce sujet. Tout dépendra des modalités de reprise : «si c’est une territorialisation qui s’accompagne d’une ouverture normale, on peut l’intégrer […]. Mais pour ceux qui restent fermés, il faudra la pérennité des aides» et que celles-ci arrivent rapidement dans la trésorerie des principaux intéressés, commente le représentant.

Les restaurateurs espèrent donc pouvoir obtenir de la visibilité le plus rapidement possible pour préparer la reprise. Et, s’ils ne peuvent rouvrir ou doivent le faire avec des restrictions, les professionnels espèrent pouvoir compter sur les aides de l’État pour compenser le manque à gagner. La réouverture de quelques tables en terrasse ne suffirait pas à les faire rentrer dans leurs frais, argumentent-ils.

Le gouvernement promet de répondre aux interrogations du secteur bientôt. Emmanuel Macron devrait s’exprimer «prochainement», indiquait ce lundi le porte-parole, Gabriel Attal. «Le président de la République qui va s’exprimer très prochainement, la semaine prochaine probablement, va nous donner le top départ», avançait de son côté vendredi Roselyne Bachelot. En attendant, les restaurateurs doivent prendre leur mal en patience et tenir encore un peu.



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