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Finance

Le gaz du Mozambique attise l’appétit des banques françaises



Publié le 7 juil. 2020 à 7h05

Tout le monde veut sa part. Le gaz découvert au Mozambique est une opportunité d’une rare ampleur pour les géants des énergies fossiles, mais aussi pour les banques qui financent ces projets. Il y a de quoi : le projet géré par Total, Mozambique LNG, qui représente un investissement global de 23 milliards de dollars, sera notamment financé par un total de 16 milliards de dollars de prêts bancaires, selon Bloomberg. Un record pour le continent, alors qu’il ne s’agit d’exploiter qu’une petite partie des ressources découvertes.

Les grandes banques françaises ne sont pas passées à côté de cette opportunité. Sur le projet Mozambique LNG, Société Générale a été mandatée en tant que conseiller financier. Mais la banque de La Défense assure ne pas encore faire partie de la liste des financeurs. « La participation de la banque […] sera conditionnée à son alignement avec les engagements du groupe, y compris en matière environnementale et sociale, de respect des droits humains et de corruption », indique la banque sollicitée par « Les Echos ».

Crédit Agricole fait partie de la liste des prêteurs, mais le montant du prêt accordé ne représenterait « que » quelques centaines de millions de dollars. Une somme certes bien faible comparée aux 4,7 milliards de dollars de prêts directs mis sur la table par l’agence américaine de crédit à l’exportation – qui garantit également une partie de la transaction. Mozambique LNG était au départ opéré par une société américaine, Anadarko, qui a cédé sa participation à Total l’an dernier.

BNP et Natixis font l’impasse

Pour leur part, Natixis et BNP Paribas – les deux autres établissements formant le quatuor des grandes banques françaises – ont, elles, assuré ne pas avoir pris part à ce projet gigantesque. Pour autant, elles sont loin d’avoir renoncé à la manne que représente le gaz offshore du Mozambique. On les retrouve notamment sur un autre projet équivalent baptisé Coral South FNLG, piloté par ENI, le géant des hydrocarbures italien. Société Générale et Crédit Agricole en font également partie.

Interrogée sur ces installations lors de son assemblée générale, BNP Paribas assure que « les projets de cette nature sont revus et évalués, notamment lorsque ceux-ci sont susceptibles d’induire des risques pour les communautés locales ou la biodiversité ». En outre, BNP affirme qu’elle ne « s’engage sur ce type de projets qu’avec des majors du secteur, qui ont la capacité de mettre en oeuvre les meilleures pratiques ». Pourquoi BNP a-t-elle fait l’impasse sur le projet de Total ? Sollicitée, la banque n’a pas commenté sa décision. Tout comme Natixis.

Déficit sécuritaire

Aux yeux des ONG, les banques devraient se tenir totalement à l’écart de ces projets gaziers qui illustrent « la malédiction des ressources naturelles ». « Aggravation des conflits, accroissement des inégalités, corruption…, liste Cécile Marchand, chargée de campagne chez Les Amis de la Terre ».

Reprenant l’argumentaire de Total, Société Générale rappelle que « ce projet [Mozambique LNG, NDLR] générera d’importants revenus pour le Mozambique et de nombreuses créations d’emplois ». Reste que Crédit Agricole, lors de son assemblée générale, a reconnu que « la situation sécuritaire dans la région de Cabo Delgado s’est effectivement dégradée ». Cependant, la banque estime que cette dégradation « observée depuis 2017 n’a pas de lien avec le développement des projets gaziers ». Huit ouvriers employés par un sous-traitant de Total sont morts dans une embuscade tendue par des terroristes à la fin du mois dernier.



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