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Finance

Le gendarme boursier craint une nouvelle correction sur les marchés



Publié le 2 juil. 2020 à 18h19Mis à jour le 2 juil. 2020 à 18h20

Pendant la crise sanitaire, les marchés financiers ont plutôt bien fonctionné. Malgré une volatilité élevée et des volumes de transactions importants , les acteurs et infrastructures de marché ont réussi à absorber les chocs. La gestion d’actifs a été résistante : les fonds monétaires français ont su faire face à des mouvements de rachats records (50 milliards d’euros environ en France soit autant que lors de la crise de 2007 mais en seulement deux semaines)

L’avenir risque d’être bien plus sombre. « Le défi du soutien économique était rude mais a été relevé. Celui de la relance sera encore plus considérable », a averti mercredi Robert Ophèle, le président de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers). A l’occasion de la présentation de la cartographie des marchés et des risques 2020, le gendarme boursier s’est inquiété des risques d’une nouvelle dégradation de la situation financière des entreprises et des Etats.

Prix des actifs déconnectés de la réalité

Les valorisations sur les marchés ont réussi à rebondir malgré une incertitude maximale. Mais, selon le gendarme boursier, les prix des actifs semblent aujourd’hui déconnectés de la réalité et des perspectives d’activité. Les rapports cours/bénéfices (le fameux PER soit Price Earning Ratio) ont atteint des records. En effet, le PER à la Bourse de Paris s’élève à 19,1 points, contre une moyenne historique à 17. 

Selon Stéphane Gallon, chef économiste à l’AMF, ces niveaux élevés s’expliquent par ‘les anticipations que les banques centrales seront là pour sauver les marchés quoiqu’il arrive‘. Mais les pertes ne sont pas encore toutes perçues dans les prix des marchés. Une nouvelle correction est possible, selon l’AMF. 

L’envolée de la dette des entreprises

Autre risque majeur, l’envolée de la dette des entreprises. L’endettement, déjà préoccupant avant la crise, s’est accrû par le nouveau contexte covid-19 , du fait de la chute des revenus liée à la récession et des mesures de soutien public passant d’abord par des prêts. Au niveau mondial, le risque d’insolvabilité constitue une vulnérabilité générale, avec la menace des vagues de dégradation des notations par les agences financières.

Au total, 600 milliards d’euros de dette pourraient basculer de la catégorie « investment grade » à « high yield ». Ces montants viendraient s’ajouter aux 5.100 milliards d’euros d’encours de titres notés BBB. La solvabilité de nombreuses entreprises apparaît compromise, avec un effet sur l’emploi et le climat social si les faillites se multipliaient 

L’Italie, un risque emblématique

Dans ce contexte, l’endettement public, qui a atteint un record également, est évidemment une menace. Le cas de l’Italie constitue pour l’Europe un risque emblématique : la dette publique représente plus de 160 % du PIB, contre 110 % environ en moyenne pour la zone euro. 

L’autorité des marchés est convaincue que le risque pesant sur le financement de l’économie et qui a fait son retour en 2020 devrait encore se renforcer en 2021. Pour atténuer ce risque, l’Autorité appelle à un « modèle de financement reposant davantage sur les fonds propres, les seuls à même d’absorber les chocs à venir » ».

Parmi les solutions envisageables, le fléchage de l’épargne des ménages vers l’économie réelle. Si d’un côté, ‘la situation inédite du confinement a engendré un regain d’intérêt pour la Bourse‘, constate le gendarme des marchés, d’un autre l’épargne des ménages ‘pourrait atteindre un montant supplémentaire de 100 milliards d’euros en 2020‘.

La difficulté est de transformer cette épargne en des fonds utiles aux entreprises‘, a estimé Stéphane Gallon. Avec un nouveau défi à la clé : celui de l’information fournie aux investisseurs par les entreprises, dans un contexte où valoriser des actifs est compliqué compte tenu du manque de visibilité sur l’avenir. 



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