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Economie

Le gouvernement dévoile le mode d’emploi général du déconfinement en entreprise


À une semaine de la date posée pour le début du retour à une vie normale, l’exécutif a dévoilé le «protocole de déconfinement» que devront respecter toutes les entreprises. Attendu par beaucoup, ce document clé a finalement été publié par le ministère du Travail ce dimanche, en fin de journée. Il définit des «règles universelles» que l’ensemble des entreprises et associations se doivent de respecter afin de rouvrir leurs portes en limitant au maximum le risque de contamination. Il vient compléter l’ensemble des fiches de bonnes pratiques que les autorités sont en train de peaufiner pour l’ensemble des secteurs d’activité, comme les coiffeurs.

Dans le détail, le protocole précise avant tout le «socle du déconfinement», qui comprend les mesures barrières désormais bien connues pour lutter contre le virus : tousser ou éternuer dans son coude, éviter de se toucher le visage, se laver les mains régulièrement, respecter la distanciation sociale, rester chez soi en cas de symptômes, désinfecter les surfaces et objets manipulés… Autant d’indications répétées à maintes reprises depuis deux mois.

En termes d’espace, le dossier conseille d’attribuer une zone de 4m2 par personne minimum, afin de «garantir une distance minimale de 1 mètre autour d’une personne». Pour calculer cette aire, l’employeur devra regarder «la surface résiduelle de l’espace considéré, c’est-à-dire la surface effectivement disponible pour les occupants, déduction faite des parties occupées». Un magasin ne devra donc pas prendre en compte les espaces occupés par les réserves et le rayonnage. Par exemple, «un établissement disposant d’une surface résiduelle de 160 m² pourrait accueillir simultanément 160/4 = 40 personnes ou salariés». Ce chiffre pourra cependant évoluer, si l’employeur le souhaite, et si une évaluation des risques pousse à instaurer une «marge de sécurité en fonction de l’activité». L’espace minimum peut aussi être plus important dans les zones où «les flux de circulation sont plus difficiles à maîtriser et des phénomènes de concentration difficiles à éviter».

Eviter les goulots d’étranglement en entreprise

Les flux de personne devront également être gérés par les employeurs : l’enjeu sera donc d’adapter les bureaux pour accueillir moins d’employés et faire en sorte qu’ils évitent de se croiser, notamment en poursuivant le télétravail, en organisant les périodes d’affluence, dans les lieux recevant du public, ou en appliquant des horaires décalés. Attention toutefois : «une régulation excessive des circulations peut conduire à des pratiques de contournement, éventuellement dangereuses, si elle entrave trop les déplacements», prévient le ministère. Les autorités invitent donc les établissements à mettre en place une gestion des flux, de l’arrivée des collaborateurs au parking ou vers l’entrée à leur sortie des lieux, afin de réduire les «goulots d’étranglement».

Pour chaque étape de la circulation, «il faut identifier les risques de rupture de la distanciation physique», préconise le document. Des solutions adaptées doivent être mises en place, comme la prise de rendez-vous dans les services internes recevant du public, dont les RH ou le courrier, l’échelonnement des horaires de pause et l’organisation d’un marquage au sol, par exemple autour de la machine à café, lieu propice aux discussions. Parmi les bonnes pratiques suggérées figure également le nettoyage régulier des rampes d’escalier, qu’il faut continuer à tenir pour éviter les accidents du travail, la fermeture des «tourniquets» à l’entrée des établissements, sauf «si risques d’intrusion importants, auquel cas il faut organiser le nettoyage et le lavage des mains», une limitation du nombre de personnes dans un ascenseur, l’instauration de vitres en plexiglas entre les bureaux ou l’attribution d’un poste fixe, dans les bureaux où la possibilité d’utiliser n’importe quel poste de travail disponible était la norme jusqu’ici.

L’épineuse question des équipements de protection

Pour le ministère, les équipements de protection individuels (EPI), comme les masques, ne doivent être utilisés qu’en dernier recours, lorsque des solutions organisationnelles ou techniques collectives ne peuvent être mises en place : «les EPI sont un complément des mesures de protection collectives et ne sauraient s’y substituer», déclare-t-il. S’ils sont utilisés par l’entreprise, leur collecte une fois usés doit faire l’objet d’une attention particulière, dans des sacs doubles, gardés un jour dans un «espace clos réservé à cet effet». Le port du masque peut être conseillé, mais il ne doit être qu’un «complément» des autres gestes barrières, sauf dans les cas où la distance d’un mètre ne peut être respectée : il devient alors obligatoire.

L’employeur peut fournir à son personnel des masques FFP1 ou «grand public». Il peut également décider de lui-même d’imposer le port du masque dans ses locaux, auquel cas il devra les fournir. En revanche, le port de gants est généralement déconseillé, ceux-ci donnant «un faux sentiment de protection» et devenant rapidement des «vecteurs de transmission».

Les tests interdits

Par ailleurs, les entreprises n’auront pas le droit de dépister leurs salariés à leur entrée sur le lieu de travail. Il est également déconseillé de vérifier la température à l’arrivée, cela devant être fait par le travailleur lui-même, chez lui. L’employeur pourra toutefois le faire s’il le souhaite, tout en respectant le Code du Travail et en instaurant des conditions de mesure «préservant la dignité» du salarié. Précision importante, le salarié pourra refuser d’obtempérer à ce contrôle de température, même s’il est obligatoire : si l’employeur choisit de le renvoyer chez lui, il pourra alors «être tenu de lui verser le salaire correspondant à la journée de travail perdue».

Les employeurs devront cependant préparer une «procédure ad hoc de prise en charge sans délai des personnes symptomatiques», qui devront être isolées et renvoyées chez elles. Derrière, l’entreprise devra identifier les contacts qu’aura eus cette personne, afin de les surveiller. «Les contacts évalués «à risque» selon la définition de Santé publique France seront pris en charge et placés en quatorzaine», ajoute le document. Il sera aussi important de bien nettoyer les locaux, en utilisant des produits adaptés et en désinfectant plusieurs fois par jour les surfaces et objets touchés régulièrement, comme les boutons, poignées de porte ou interrupteurs.



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