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Economie

Le gouvernement voudrait doubler la durée du congé paternité


Instauré il y a dix-huit ans, le congé paternité, souvent jugé «trop court pour être efficace», est amené à évoluer. Aujourd’hui, un jeune père a la possibilité (c’est facultatif) de prendre 11 jours consécutifs dans les quatre mois qui suivent la naissance de son enfant et 18 jours pour une naissance multiple. Actuellement, sept pères sur dix prennent ce congé de paternité et d’accueil de l’enfant. Optionnel, ce congé est indemnisé par l’assurance maladie et vient compléter le congé de naissance obligatoire de trois jours, qui lui, est à la charge de l’employeur.

Le gouvernement serait sur le point d’allonger la durée de ce congé. Si rien n’est encore officiellement tranché – une réunion était prévue ce vendredi matin entre les partenaires sociaux, la ministre du Travail Élisabeth Borne et Adrien Taquet, le secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles – plusieurs pistes se dessinent. D’après Les Échos , le gouvernement envisagerait de doubler la durée de ce congé paternité en le portant à 22 jours. La durée du congé de naissance serait également multipliée par deux. En cumulant les deux, cela ferait 28 jours de congé pour les pères.

Le principe d’allongement du congé paternité semble en tout cas acté au gouvernement. En juin dernier, Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État chargée de l’égalité femmes/hommes, avait affirmé l’intention du gouvernement d’allonger le congé paternité, mais sans préciser la durée. Fin juillet, son successeur, Adrien Taquet, le secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles, s’était lui aussi positionné en faveur d’un allongement de ce congé. «Une des hypothèses sur lesquelles nous travaillons est effectivement de doubler le congé actuel et de passer à un mois», avait-il déclaré le 28 juillet sur France Info.

20 à 25 millions d’euros par journée supplémentaire

Autre durée sur la table : la commission «1000 premiers jours», présidée par le pédopsychiatre Bruno Cyrulnik, lancée à l’automne 2019 par le président Macron, propose, dans un rapport remis mardi dernier au gouvernement de le porter à neuf semaines. «Une partie pourrait être prise après la naissance et l’autre partie à la fin du congé maternel», conseille ce rapport. En outre, des députés du groupe Écologie Démocratie Solidarité (EDS) proposent quant à eux d’étendre le congé paternité, renommé «congé parenté», à 12 semaines dont huit obligatoires.

Les incertitudes demeurent en revanche sur le caractère obligatoire ou non du dispositif. Si le patronat y est plutôt opposé, le secrétaire d’État n’avait pas exclu cette possibilité. Fin juillet, son cabinet avait précisé au Figaro que cette obligation prendrait en réalité la forme d’une «incitation forte» avec un minimum de jours à prendre par le parent, une durée minimale en dessous de laquelle ce dernier ne serait pas indemnisé.

Une incitation financière pourrait aussi encourager certains pères à le prendre. Actuellement, le congé paternité est pris en charge par la sécurité sociale qui verse une indemnité journalière plafonnée à 89,03 euros par jour. Selon les conventions collectives, l’entreprise peut compléter la différence avec le salaire initial mais il n’existe aucune obligation. Ce forfait représente un manque à gagner pour ceux ayant un plus gros salaire. Mais sur ce point, une revalorisation du congé parental n’est pas à l’ordre du jour.

La mesure d’allongement est déjà coûteuse, entre 20 et 25 millions d’euros par journée supplémentaire, selon une estimation du secrétariat d’État chargé de l’enfance et des familles. D’ailleurs, si elle aboutit, elle pourrait être inscrite dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2021.



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