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Finance

Le gouverneur de la banque centrale libanaise soupçonné d’avoir détourné plus de 300 millions de dollars



Publié le 27 avr. 2021 à 18:38

Le contenu de l’enquête suisse visant le puissant gouverneur de la Banque du Liban (BDL) se précise. Des documents officiels ayant fuité dans la presse indiquent que les autorités helvètes soupçonnent Riad Salamé, en poste depuis 1993, et son frère cadet Raja de « détournement de fonds au détriment de la Banque du Liban » et de « blanchiment d’argent aggravé » pour des montants estimés à plus de 330 millions de dollars. En novembre dernier, le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC) a adressé une demande d’entraide judiciaire aux autorités libanaises publiée par un site d’information.

Il y mentionnait en particulier un contrat signé le 6 avril 2002 par le gouverneur de la BDL et Forry Associates LTD, une société enregistrée aux Iles Vierges britanniques et dont le bénéficiaire économique serait Raja Salamé. Ce contrat de courtage pour la gestion de produits financiers – bons du Trésor et Eurobonds – aurait permis à Forry de toucher entre avril 2002 et octobre 2014 quelque 326 millions de dollars sur un compte à la banque HSBC en Suisse. Ces commissions auraient ensuite été reversées au bénéfice des frères Salamé « ainsi qu’à des membres de leur famille ou de leur entourage immédiat dont Marianne Howayek », l’assistante du gouverneur, mentionnée dans le dossier sous le statut de témoin assisté.

Transfert de fonds

Quelque 248 millions de dollars auraient ensuite été transférés depuis le compte bancaire de Forry sur un compte personnel de Raja Salamé à la banque HSBC, dont 207 millions auraient ensuite été envoyés vers cinq banques libanaises. La justice libanaise a annoncé avoir ouvert une enquête sur ces fonds.

Plus de 7 millions de dollars auraient également été transférés sur un compte à la banque Julius Baer de la société offshore panaméenne Westlake Commercial Inc, dont le bénéficiaire économique serait Riad Salamé, selon les autorités helvétiques. La société suisse Red Street 10, qui aurait acquis des biens immobiliers en Suisse, aurait par ailleurs reçu sur son compte chez UBS des fonds d’une autre entité suisse, SI 2 SA, dont le compte à la banque EFG aurait lui-même été alimenté par Forry, Raja Salam et Westlake.

Marianne Howayek aurait quant à elle bénéficié via le compte suisse de la société Rise Invest SA, d’un transfert d’un million de francs suisses de Westlake.

Demande d’entraide judiciaire

La demande d’entraide judiciaire suisse vise à obtenir des informations concernant les procédures de gouvernance à la Banque du Liban, les transferts en lien avec l’enquête et les documents liés au contrat de courtage avec Forry. Le procureur a également réclamé une audition de Riad et Raja Salamé, et de Marianne Howayek. Certains éléments ont déjà été envoyés par les autorités libanaises à la justice suisse.

Contacté, Riad Salamé n’était pas disponible pour répondre à nos questions. Le gouverneur a assuré au Financial Times que les commissions versées à Forry ne l’ont pas été au détriment de l’institution publique « mais des participants à l’opération », autrement dit des souscripteurs des produits financiers. L’enquête de la justice libanaise vise notamment à éclaircir ce second point.



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