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Economie

Le Haut Conseil estime que les hypothèses de croissances du gouvernement pour 2021 et 2022 sont «plausibles»


Il a en outre jugé que les déficits structurels des comptes publics ne se sont pas très écartés, en 2019 et 2020, des objectifs définis dans la loi de programmation des finances publiques de 2018.

Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a jugé mercredi que les prévisions de croissance que le gouvernement allait transmettre à Bruxelles dans le cadre du programme de stabilité sont «plausibles» pour 2021 et 2022 mais «optimistes» pour les années suivantes.

Dans son avis, le Haut Conseil «considère que la prévision de croissance pour 2021 du programme de stabilité est cohérente avec le scénario sanitaire retenu, reposant sur une levée progressive à partir de mai 2021 des restrictions pesant sur les activités et les déplacements.» «Le scénario reste toutefois entaché d’incertitudes liées à l’évolution de la situation sanitaire», prévient le document de cet organisme indépendant du gouvernement et rattaché à la Cour des comptes.

Pour 2021 comme pour 2022, le HCFP juge «plausibles», les hypothèses de «croissance potentielle et d’écart de production retenues par le gouvernement», l’écart de production étant la différence entre le niveau d’activité constaté et celui que le pays aurait dû avoir sans la crise du Covid-19. Mais il estime que l’hypothèse «selon laquelle la croissance potentielle reviendrait à son niveau d’avant-crise à partir de 2023 est optimiste».

Des scénarios comprenant des «aléas importants»

Dans son document transmis au HCFP, le gouvernement table sur une croissance de 4% en 2022 (après +5% en 2021), puis 2,3% en 2023, 1,5% en 2024, avant une stabilisation à 1,4% par an à partir de 2025. Le Haut Conseil constate que le gouvernement mise sur une «fermeture de l’écart de production» en 2024, le produit intérieur brut (PIB) constaté retrouvant alors le niveau qu’il aurait eu sans le choc de la crise.

Il estime qu’il existe des «aléas importants» sur ce scénario du programme de stabilité, car «la trajectoire effective de croissance pourrait être freinée par la hausse des taux d’intérêt et un soutien moins fort du commerce extérieur». «En sens inverse, elle pourrait être soutenue par la mobilisation de l’épargne accumulée pendant la crise sanitaire», toujours selon l’avis.

Le Haut Conseil note aussi que le programme de stabilité «table sur une hausse progressive de l’inflation, qui est incertaine au regard du scénario d’activité.» Quant à la dette publique, la trajectoire du gouvernement, qui suppose qu’elle culmine à 118,3% en 2025, suppose selon le HCFP que la croissance et l’inflation soient au rendez-vous et que le gouvernement engage effectivement les réformes structurelles suspendues en raison de la crise sanitaire.

La loi de programmation des finances publiques «rendu obsolète»

Il a en outre estimé que les déficits structurels des comptes publics ne se sont pas écartés «de manière importante» en 2019 et 2020 des objectifs définis dans la loi de programmation des finances publiques de 2018. En conséquence, cet organisme indépendant a décidé qu’il n’y avait «pas lieu de déclencher le mécanisme de correction prévu» par cette loi organique.

Les déficits structurels, qui ne tiennent pas compte des dépenses engagées ou de la diminution des recettes en raison de la crise sanitaire, ont été estimés par le gouvernement à 2,3 points de produit intérieur brut (PIB) pour 2019 et 0,9 point de PIB pour 2020, contre respectivement 1,9 et 1,6 point de PIB prévus par la loi organique de 2018.

Plus généralement, le HCFP juge que les évolutions nécessaires des finances publiques en raison de la crise du Covid-19 ont «rendu obsolète la loi de programmation en vigueur».

Le Haut Conseil critique néanmoins le gouvernement pour les «modalités de calcul des mesures exceptionnelles et temporaires» qu’il a retenues et qui le conduisent «à afficher une amélioration du solde structurel en 2020, en contradiction avec la très forte dégradation qui s’annonce persistante des finances publiques».



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