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Finance

Le label public ISR inondé de fonds monétaires



Publié le 17 nov. 2020 à 10:59

L’Investissement socialement responsable (ISR) est partout en ce moment, y compris au sein des fonds monétaires. Selon une étude du Forum pour l’investissement responsable (FIR), cette classe d’actifs représentait, fin juin 2020, 31 % des encours labellisés, ce qui en fait la deuxième plus importante derrière les actions. Ce chiffre a fortement progressé au cours du premier semestre 2020, suite à l’obtention du sceau public par Amundi et deux de ses filiales (CPR AM et BFT IM) pour plusieurs supports pesant plus de 34 milliards d’euros au total.

Chez Amundi, la gestion monétaire représente désormais 80 % des encours labellisés ISR. Cela a permis à la maison de remonter significativement dans le classement des sociétés de gestion les plus importantes en matière d’ISR. Amundi souhaite d’ailleurs poursuivre le développement de son offre de fonds monétaires responsables, avec l’ambition de labelliser ses principaux supports à horizon 2021.

La demande de label ISR, une simple formalité

La demande est en effet de plus en plus forte chez les investisseurs pour les stratégies intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). « La gestion socialement responsable permet aux trésoriers d’avoir une plus grande transparence sur les fonds et d’en connaître la composition précise, estime Etienne Oberthur, trésorier référent sur les questions de finance durable à l’AFTE et responsable du financement et de la trésorerie à la Société du Grand Paris. Le label est un plus car le respect de sa charte est un élément rassurant. »

Et pour les fonds, la demande du label relève souvent de la formalité, sans que la gestion en soit significativement affectée. « Les filtres ESG ne réduisent pas significativement notre univers d’investissement car les émetteurs qui ne passent pas les filtres sont généralement des entreprises sur lesquelles nous avions déjà une vision financière négative », assure Julien Levy.

Problème de crédibilité

Si investisseurs et gérants s’y retrouvent, cette évolution n’est pas sans poser de problèmes pour la crédibilité du label. « Historiquement, il y a un débat sur la place des fonds monétaires dans l’ISR du fait de leur stratégie de court terme, estime Grégoire Cousté, secrétaire général du FIR. Ce ne sont pas des produits qui peuvent avoir un impact dans la durée ni un engagement actionnarial fort. » Il n’est certes pas question d’exclure les fonds monétaires du label, d’autant que les gestionnaires de ces produits sont des acteurs de premier plan de la gestion française.

Mais dans le cadre de l’évaluation du Label ISR demandée par Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, à l’Inspection générale des finances, le FIR préconise une évolution de l’outil. L’association recommande ainsi la construction d’un label à échelle. « Les fonds monétaires seraient cantonnés dans le bas de l’échelle alors que des stratégies avec plus d’impact et un degré d’exigence plus élevé pourraient aller sur les échelons supérieurs », explique Grégoire Cousté. Les résultats de cet audit devraient être connus fin novembre.



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