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Economie

Le ministère des Armées investit dans la start-up Preligens


La France veut protéger ses pépites technologiques. La décision du ministère des Armées d’investir, via son fonds DefInvest, dans la start-up tricolore Preligens (ex-Earthcube), va dans ce sens. La jeune pousse, leader dans l’analyse de données satellitaires, à base d’Intelligence artificielle (IA), pour le compte des services de renseignement et des armées, vient de lever 20 millions d’euros auprès de trois fonds. L’opération, pilotée par Ace Management, voit aussi entrer des business Angels tel qu’Octave Klaba, président fondateur de l’hébergeur OHV Cloud, à titre personnel.

À l’issue de l’opération, le capital de Preligens reste 100% français. Les deux fondateurs – Arnaud Guérin, PDG, et Renaud Allioux, directeur de la technologie -, conservent plus de 50% des parts. Le solde se partage entre des investisseurs privés ainsi que trois fonds, Ace Management, DefInvest et 360 Capital, qui accompagnent la jeune entreprise depuis ses débuts en 2016.

Courtisé par le fonds de la CIA

«Nous avons décidé d’investir dans Preligens en raison de ses compétences uniques dans le traitement automatisé et l’analyse d’images satellitaires à base d’IA et dans le machine learning, qui sont d’un grand intérêt pour les services de renseignement et les forces armées », explique-t-on au cabinet de Florence Parly, la ministre des Armées. Preligens s’appuie sur les images collectées par les satellites CSO notamment. « Les applications de cette pépite nationale sont primordiales pour le domaine de la défense », a déclaré Florence Parly lors d’un déplacement chez Preligens. « Elles nous apportent un vrai gain opérationnel pour l’exploitation de nos informations géospatiales: sans Preligens nous ne verrions pas certaines choses

Cet éditeur de logiciels a acquis une compétence pointue dans la détection d’éléments pertinents au sein de masse de données gigantesques. Cela, de façon automatique et très rapide. Ses algorithmes apportent ainsi une aide précieuse aux analystes spécialisés pour exploiter les informations pertinentes dans le cadre de missions de surveillance et/ou d’intervention sur le terrain.

Preligens restera donc français alors qu’elle était courtisée par In-Q-Tel, le fonds de la CIA, qui avait très vite vu tout l’intérêt de faire basculer cette pépite tricolore sous capitaux américains. D’autant que Preligens a déjà gagné des contrats aux États-Unis, notamment avec les forces spéciales. «Nous réalisons 50% de notre chiffre d’affaires à l’international dans cinq pays où nous avons remporté des marchés, notamment auprès de l’OTAN, de l’Union européenne, du Royaume-Uni et des États-Unis. Nous avons démontré qu’il n’est pas obligatoire d’internationaliser le capital pour se développer hors de France», explique Arnaud Guérin, dans un entretien au Figaro.

Déploiement dans 10 pays supplémentaires

Face au risque de captation du savoir-faire technologique de Preligens, le Ministère des Armées a donc réagi. La Direction générale de l’armement (DGA) avait repéré la start-up dès 2017. Elle l’a aidé à accéder, par deux fois, à des fonds, dans le cadre du mécanisme de subvention publique Rapid. Preligens a également été sélectionnée pour développer des briques technologiques basées sur l’IA dans le cadre du projet «Man Machine Teaming» (relation homme-machine) à bord de l’avion de combat du futur.

Preligens va utiliser les fonds levés afin de booster son activité historique d’analyse de données géospatiales. Cela, en poursuivant le déploiement de ses solutions sur les bases militaires françaises. Trois sites pilotes en opération les utilisent déjà. Une trentaine de sites de défense doivent s’équiper dans les prochains mois.

Parallèlement, la start-up va accélérer son internationalisation. «Dans les 18 prochains mois, nous ciblons 10 pays supplémentaires en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, en s’appuyant les relais internationaux de la DGA ainsi que sur des partenariats avec des industriels », précise Arnaud Guérin. En octobre dernier, Preligens a par exemple noué un partenariat avec Airbus defence & Space, afin de proposer un nouveau service de surveillance de sites militaires sensibles et en opérations extérieures en s’appuyant sur les images collectées par les satellites d’Airbus, partenaire clef des armées.

Lutte contre le terrorisme

Enfin, la jeune pousse va investir dans le développement de nouveaux logiciels afin d’élargir l’éventail de ses services. «Nous ne traiterons plus seulement des images satellites mais aussi des données collectées par des drones et des avions mais aussi d’autres sources, notamment électromagnétiques, mais aussi des messages texte, sous documents Word ou sur les réseaux sociaux ainsi que sur le web», développe le PDG de Preligens. À cet effet, l’entreprise va recruter une centaine de personnes d’ici à fin 2021, afin de porter ses effectifs à 180.

Ces nouvelles compétences généreront des services très utiles aux services de renseignements, de contre-terrorisme, de lutte contre les trafics de stupéfiants ou encore contre la prolifération.



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