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Economie

Le moral des décideurs toujours en berne…


L’indice synthétique du «Moral des décideurs» est la moyenne des indices recueillis sur chacune des questions récurrentes du baromètre des Décideurs «Viavoice-HEC Paris-Le Figaro-BFM Business». Les questions posées, toujours les mêmes, sont au nombre de 5: pensez-vous que d’ici un an, le niveau de vie en France dans l’ensemble s’améliorera ou se dégradera? Le nombre de chômeurs diminuera-t-il ou augmentera-t-il? Votre situation financière va-t-elle s’améliorer ou se dégrader? Vos collaborateurs sont-ils actuellement motivés ou pas motivés? Les opportunités pour faire progresser votre carrière sont-elles importantes ou faibles? Pour chaque question, l’indice est la différence du pourcentage de réponses positives et de réponses négatives.

Cet indice est mesuré depuis février 2004 et offre donc une bonne indication des variations dans le temps en fonction des événements qui surviennent: décrochage (de -9 à -20) au printemps 2006 au moment des manifestations anti-CPE ; passage en positif (de -12 à +1) après l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 ; la chute (de -24 à -42) en septembre 2008 après la faillite de Lehman Brothers ; le plongeon (de -25 à -55) en août 2011 au moment de la crise de la dette de la zone euro ; le rebond (de -48 à -38) en décembre 2013 avec l’annonce du pacte de responsabilité ; l’espoir (de -21 à -9) au printemps 2017 de l’élection d’Emmanuel Macron.

À -12 à la dernière rentrée de septembre, il avait retrouvé son niveau de mai 2018 après être descendu à -29 en début d’année 2019 en pleine crise des «gilets jaunes» et être remonté lors des deux précédentes vagues en juin et juillet. Fin novembre, il est descendu à -19 et puis -22 en janvier à cause du conflit sur les retraites. Crise du coronavirus oblige, il a plongé à -43 en mai, son plus bas depuis six ans.

La nouvelle vague du «Baromètre des Décideurs» a été réalisée du 10 au 15 juillet auprès d’un échantillon représentatif de cadres et du grand public. Elle montre un moral économique toujours en berne: l’indice s’établit à -42, quasi-stable depuis le mois de mai, malgré les mesures et les moyens alloués pour la relance économique. Les décideurs anticipent une rentrée sociale très difficile.

Commentaire de HEC Paris

«Le déconfinement n’aura pas contribué à réduire l’inquiétude et les perspectives pour la rentrée sont mauvaises tant pour les décideurs que pour le grand public. Cependant, il est possible d’observer ici et là un «pessimisme moindre». Tout d’abord, moins de décideurs s’attendent à une dégradation de leur situation financière. Ensuite, comme lors du baromètre de mai, les décideurs, comme le grand public, continuent à percevoir une plus forte motivation de leurs collaborateurs qu’avant le confinement, même si cette motivation semble s’émousser un peu depuis mai.

Mais, dans tous les cas, un choc particulièrement violent est attendu notamment sur le marché de l’emploi. De manière intéressante, pour les décideurs comme le grand public, les mesures pour contrecarrer ce choc ne doivent pas être aux dépens de leur pouvoir d’achat. Ainsi, pour conserver leurs emplois, ils sont ainsi davantage prêts à travailler plus plutôt que de gagner moins. De la même manière, il leur paraît préférable de ne pas augmenter les impôts, pas même pour éponger l’accroissement de la dette publique résultant de la crise du coronavirus. Dans le contexte actuel de taux d’intérêt bas, il y a effectivement de bonnes raisons de tolérer un endettement plus élevé alors qu’un accroissement de la pression fiscale ferait courir le risque d’intensifier la crise.»

Éric Mengus – Professeur Assistant d’Économie – HEC Paris

Commentaire de Viavoice

«La rentrée de septembre sera inédite, en ce sens qu’elle cristallise d’ores et déjà les inquiétudes des Français anticipant une conjoncture économique à venir très difficile. Nous assistons à un alignement inédit des craintes entre Décideurs et grand public, dont l’enjeu majeur est celui de la sauvegarde de l’emploi. Mais face à cette crise, les leviers d’action divisent les Français. Ils n’approuvent pas la modification des conditions de travail et le principe des accords de compétitivité, illustration d’une méfiance encore réelle des entreprises à jouer le jeu. Toutefois, conscients des efforts nécessaires à fournir, ils souhaitent en garder la maîtrise et choisir les concessions à faire, notamment en termes de temps de travail. Ainsi, divisés et inquiets, le moral économique des Décideurs est en berne et s’établit à -42 ce mois-ci. Les plans de relance et les moyens alloués ne semblent encore pas pallier ces inquiétudes profondes. La rentrée sociale devra donc répondre à deux défis majeurs: agir contre l’effondrement économique et assurer un dialogue permanent avec les différents acteurs économiques pour engager collectivement une nouvelle dynamique…»

Stewart Chau, Viavoice



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