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Finance

Le nombre de banquiers millionnaires atteint un sommet chez BNP Paribas


Publié le 28 avr. 2021 à 6:15

En matière de salaires, BNP Paribas se détache de plus en plus de ses concurrents français dans la banque d’investissement. Là où la banque de la rue d’Antin comptait à peine 1,5 fois plus de banquiers millionnaires que Société Générale en 2014, elle en dénombre cinq fois plus aujourd’hui. Là où elle accordait une enveloppe de bonus 1,6 fois supérieure à sa rivale, c’est trois fois plus aujourd’hui.

Natixis a lui aussi taillé dans ses coûts. C’est ce que révèlent notamment les derniers rapports de rémunération des banques françaises post-crise pandémique sur leurs banquiers preneurs de risques (« material risk takers », qui engagent le bilan des banques). Des chiffres qui en disent long sur leur force de frappe respective en banque d’investissement.

Hémorragie chez SG et Natixis

BNP Paribas a ainsi versé 497 millions d’euros à ces financiers l’an dernier, un pic en sept ans. Et elle a accordé plus d’un million d’euros à 222 de ses banquiers, contre 218 en 2019 et proche du record de 224 en 2015. A l’origine de sa politique, les performances « excellentes » en banque d’investissement en 2020 , avec une hausse de plus de 22 % des revenus des activités de marché.

Chez Société Générale, en revanche, c’est l’hémorragie. Le nombre de banquiers millionnaires y a chuté de 42 % l’an dernier, pour atteindre 44 pour tout le groupe, un plus bas jamais atteint depuis 2014. Il y a sept ans, ils étaient deux fois plus nombreux (109).

L’enveloppe allouée aux bonus des financiers preneurs de risque est elle aussi tombée à un point bas, 169,7 millions d’euros (-17 %) à répartir entre 42 % de plus de bénéficiaires.

Crédit Agricole maintient le cap

Les banquiers de Natixis ont été soumis à la même politique. Le nombre de financiers millionnaires y a chuté de plus de la moitié en un an, pour atteindre… une dizaine. En quatre ans, l’enveloppe de variable a aussi fondu de moitié, à 41,2 millions d’euros, à répartir entre davantage de bénéficiaires.

Les bonus et le nombre de banquiers millionnaires atteignent un sommet en sept ans chez BNP Paribas.

Les bonus et le nombre de banquiers millionnaires atteignent un sommet en sept ans chez BNP Paribas.

Frappées par la volatilité des marchés au premier trimestre 2020, les deux banques sortent d’une très mauvaise année. Les revenus des activités de marché, point fort de Société Générale, ont chuté de plus de 20 %, et le résultat du pôle grande clientèle et solutions investisseurs a reculé de plus de 94 %. L’activité de grande clientèle de Natixis a, elle, généré une perte.

De son côté, le Crédit Agricole est parvenu depuis 2014 à conserver une ligne un peu plus incitative chaque année vis-à-vis de ses salariés. La banque compte légèrement plus de banquiers millionnaires en un an (24 au lieu de 20) et l’enveloppe de bonus a rejoint ses plus hauts depuis 2014, à 142,6 millions d’euros.

Concurrence européenne

La banque mutualiste talonne ainsi Société Générale, mais demeure loin derrière BNP Paribas. Et si le champ concurrentiel de cette dernière va désormais bien au-delà des frontières hexagonales, la banque de la rue d’Antin est encore loin de s’être alignée sur les pratiques de ses rivales anglo-saxonnes.

En nombre de banquiers millionnaires, elle s’affiche en quatrième position en Europe, loin derrière Deutsche Bank (684), Barclays (448) et HSBC (324). Et son enveloppe de bonus dédiée aux preneurs de risque est plus de deux fois plus faible que la première banque allemande (1,1 milliard d’euros pour près de 2.000 banquiers).



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