Image default
Economie

le palier des 70% des adultes européens vaccinés n’est pas encore franchi


Si les livraisons nécessaires pour atteindre ce cap ont été fournies par la Commission européenne, sur le terrain, l’évolution est plus lente.

L’Union européenne va-t-elle gagner sa course contre la montre face au variant Delta ? Il y a quelques jours, la patronne de la Commission, Ursula von der Leyen, s’est félicitée d’une étape importante franchie par Bruxelles : «nous avons livré assez de doses à tous les États membres pour vacciner complètement soixante-dix pourcents des adultes». L’engagement pris en avril dernier par Thierry Breton est donc tenu, avec un peu d’avance sur le calendrier.

Pour autant, livraisons ne veut pas dire injections : si la Commission peut estimer avoir rempli son rôle, derrière, les États membres ont encore un long chemin à parcourir. Le cap avait été fixé dès janvier : «d’ici l’été 2021, les États membres devraient avoir vacciné au moins 70 % de la population adulte», enjoignait Bruxelles dans une communication. Pour l’instant, cet objectif n’est pas atteint.

L’effort à fournir est logiquement plus important en termes de schéma vaccinal complet : au 14 juillet, un peu moins des deux tiers des quelque 366 millions d’adultes de l’Union avaient reçu au moins une dose, et moins de la moitié – 47,8% – était totalement vaccinée, selon les données du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

En outre, de fortes disparités subsistent entre les pays. Si certains, comme la Finlande, le Danemark, les Pays-Bas ou la Belgique présentent un taux de vaccination des adultes avec au moins une dose supérieure à 75%, d’autres, comme la Slovaquie, la Lettonie, la Slovénie, la Croatie ou la Roumanie sont à la traîne. La France est légèrement en avance par rapport à ses partenaires : selon la DGS, au 11 juillet, 66% de la population majeure avait reçu au moins une dose, et 51% était totalement vaccinée. Le taux a légèrement progressé à 67%, depuis.

Le Royaume-Uni garde un coup d’avance sur ses anciens partenaires. En avril, Thierry Breton déclarait dans nos colonnes que l’Union pourrait «très probablement rattraper la Grande-Bretagne» courant juillet, expliquant que notre voisin outre-Manche était «allé très vite pour administrer les premières doses mais [qu’il dépendait] désormais des vaccins produits en Europe pour ses deuxièmes doses». Force est de constater qu’à ce stade, ce constat semble infondé : au 13 juillet, 87,4% des adultes britanniques avaient reçu au moins une dose et 66,7% étaient totalement vaccinés, selon les estimations de Londres.

La population à risque largement vaccinée

Particulièrement concernée par la progression de l’épidémie, la population européenne âgée d’au moins 80 ans est désormais fortement vaccinée : mi-juillet, huit personnes de cette classe d’âge sur dix avaient reçu au moins une dose, et 76,8% étaient totalement vaccinées. Là encore, des différences subsistent : la couverture est moins élevée dans quelques nations, comme en Pologne, en Roumanie, en Slovaquie, mais la majorité des pays européens présentent des taux importants, supérieurs à 80%.

Le taux dépasse même 90% en Autriche, à Chypre, au Danemark, en Finlande, en Irlande, en Italie, à Malte, en Norvège, au Portugal, en Suède et en Espagne. La France est légèrement en retard : les taux de vaccination une dose et schéma complet pour cette population atteignent respectivement 80% et 75%.

La campagne est en perte de vitesse

Si les livraisons de doses permettent théoriquement aux États membres de vacciner 70% de leur population adulte, il reste donc encore du chemin à parcourir avant que ce palier soit atteint, d’autant plus que la tendance n’est pas bonne : depuis quelques semaines, le nombre d’injections totales hebdomadaires baisse sans interruption. Il est passé de 28,7 millions, début juin, à 23,7 millions, un mois plus tard. Le nombre de premières injections a particulièrement baissé sur cette période, de l’ordre de 45,5% environ. Une chute qui s’observait également en France.

Un bon coup de collier risque d’être nécessaire pour inverser la tendance, alors que le variant Delta fait repartir les contaminations à la hausse à travers l’Union européenne. La présidente de la Commission n’a d’ailleurs pas dit autre chose : «Le Covid-19 n’est pas encore vaincu. Nous sommes prêts à livrer plus de vaccins, dont ceux contre les nouveaux variants. Maintenant, les États membres doivent tout faire pour multiplier les injections», a-t-elle enjoint en fin de semaine dernière.

Dans l’Hexagone, des mesures particulièrement fortes ont été annoncées par Emmanuel Macron lundi, provoquant un «électrochoc» au sein de la population : depuis, les prises de rendez-vous pour se faire vacciner ont explosé. Ce sursaut permet à l’exécutif d’espérer remplir ses objectifs pour l’été, soit 40 millions de primo-vaccinés – 75% de la population adulte – et 35 millions d’individus – 66% des adultes – complètement vaccinés d’ici fin août. La partie n’est pas gagnée pour autant : ce bond doit s’inscrire dans la durée, sous peine de voir la reprise s’essouffler rapidement.



Source link

Autres articles

«Cette Pac est pire que la précédente pour le climat, la biodiversité et les agriculteurs»

administrateur

Les boîtes de nuit, grandes laissées-pour-compte du déconfinement

administrateur

où en sont les compagnies aériennes ?

administrateur

Conforama officiellement cédé à Mobilux, maison mère de But

administrateur

couvre-feu à 18 heures, contrôles aux frontières, protocole renforcé à l’école… Ce qu’a annoncé Castex

administrateur

À un mois du Brexit, Jean Castex promet un plan pour la pêche

administrateur