Image default
Economie

Le patron de Disney+ prend la tête de TikTok


Le groupe chinois ByteDance vient de faire un recrutement de poids en débauchant l’un des pontes de Disney, l’Américain Kevin Mayer. Entré au Royaume enchanté en 1993, le directeur des plateformes de streaming du groupe (Disney+, Hulu, ESPN+) sera à partir du 1er juin le patron mondial du réseau social vidéo TikTok, très populaire chez les adolescents. Kevin Mayer devient également directeur des opérations de ByteDance. Il aura pour mission d’étendre les activités du groupe chinois à l’international, notamment dans les champs de la musique, avec l’application Resso, et du jeu vidéo pour smartphone. ByteDance a en effet acquis plusieurs studios de développement chinois.

Ce transfert de l’une des figures d’Hollywood vers un groupe chinois a de quoi faire jaser, alors que les relations commerciales entre les deux pays sont tendues. Si Kevin Mayer explique à la presse américaine ne pas avoir pu refuser l’opportunité de diriger l’une des applications sociales les plus populaires au monde, sa décision de quitter Disney est peut-être née d’une déception professionnelle.

Bras droit de Bob Iger, le charismatique directeur général du géant du divertissement, Kevin Mayer semblait tout désigné pour lui succéder. Après tout, il avait œuvré aux rachats de Pixar, Marvel et Lucasfilm, trois acquisitions qui ont permis à Disney d’asseoir sa domination sur le box office mondial. Il a également été derrière la conception du service de vidéo en streaming Disney+, et a chapeauté son lancement record: en moins de six mois, la plateforme concurrente de Netflix compte plus de 55 millions d’abonnés. Pourtant, le prestigieux fauteuil de patron de la Walt Disney Company est revenu fin février à Bob Chapek, directeur des parcs d’attractions du groupe. Aussi prestigieux soit-il, le profil de Kevin Mayer aurait péché par manque d’expérience dans la direction opérationnelle.

Rassurer les autorités américaines

Ce mercato permet à TikTok de répondre à l’un de ses défis les plus urgents: faire oublier ses origines chinoises. Jamais une application issue de l’empire du milieu n’a connu un tel succès en Occident, et plus encore aux États-Unis, où sa croissance chez les moins de 25 ans est fulgurante (+85% en un an). De quoi faire froncer les sourcils de Washington qui, après Huawei, craint de voir débarquer sur son territoire un possible cheval de Troie de Pékin. Les interdictions d’installation de l’application pour des raisons de sécurité nationale pleuvent dans l’administration américaine: l’Armée, les ministères des Affaires étrangères et des Transports ont édicté de telles règles auprès de leurs employés. Début mars, le Congrès a voté une loi élargissant cette interdiction à tous les employés des agences fédérales américaines. Une loi similaire doit être examinée par le Sénat.

En retour, ByteDance affirme que TikTok ne stocke pas de données en Chine, où les internautes utilisent une application siamoise, Douyin. Nommer un PDG américain qui dirigera TikTok depuis les États-Unis permet d’asseoir ces déclarations d’indépendance vis-à-vis de Pékin.

Kevin Mayer deviendra ainsi l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, soucieux d’en savoir plus sur cette application prisée par leurs jeunes concitoyens. Il aura fort à faire. Fin novembre, les autorités américaines ont ouvert une enquête sur le rachat fin 2017 par ByteDance de l’application américaine Musical.ly, renommée par la suite TikTok. Le Comité pour les investissements étrangers aux États-Unis a le pouvoir de défaire de telles acquisitions. En 2018, il avait annulé l’achat de l’application de rencontres homosexuelles Grindr par le chinois Kunlun Tech. Un scénario que ByteDance ne souhaite pas voir se répéter.



Source link

Autres articles

Un plan de relance européen suspendu à l’accord des Vingt-Sept

administrateur

Bercy met en place une cellule de soutien psychologique aux dirigeants

administrateur

Confinement oblige, les syndicats fêtent le 1er mai différemment

administrateur

Faute de pouvoir rouvrir leurs salles, les restaurateurs changent de modèle

administrateur

La France pourra-t-elle longtemps emprunter à des taux proches de zéro ?

administrateur

Santé, relance… Ce qu’il faut retenir des annonces d’Emmanuel Macron et Angela Merkel

administrateur