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Finance

Le patron de Rio Tinto débarqué après la destruction d’un site aborigène



Publié le 11 sept. 2020 à 8:15Mis à jour le 11 sept. 2020 à 8:28

La pression était trop forte sur les épaules de Jean-Sébastien Jacques. Ce vendredi, le patron de Rio Tinto et deux autres hauts dirigeants du géant minier ont démissionné. Le dernier épisode en date d’un scandale provoqué par le dynamitage d’un ancien site aborigène en Australie.

Le 24 mai dernier, le numéro 2 mondial du fer avait procédé à cette opération pour agrandir l’une de ses mines et libérer un gisement d’une valeur de 135 millions de dollars. Mais il avait détruit au passage des grottes habitées il y a plus de 46.000 ans par les premiers humains à avoir peuplé l’Australie.

Un rapport non consulté

L’évènement avait suscité un profond émoi dans le pays. A la tête de Rio Tinto depuis l’été 2016, Jean-Sébastien Jacques avait été sommé de s’expliquer devant les parlementaires australiens, sans vraiment convaincre. La direction du groupe a notamment été accusée de n’avoir pas pris connaissance d’un rapport qu’il avait lui-même commandé en 2018, soulignant la valeur archéologique inestimable du site. Une erreur reconnue devant les élus.

Pour apaiser la colère des actionnaires, Rio Tinto avait annoncé le mois dernier que son patron français, ainsi que son directeur de la division « Minerai de fer », Chris Salisbury, et sa directrice de communication, Simone Niven, ne percevraient pas les bonus prévus. Une mesure finalement jugée insuffisante.

« Une série d’actions et d’omissions sur une longue période »

L’enquête diligentée par le conseil d’administration a montré que, si Rio Tinto avait bien reçu les autorisations légales pour détruire le site mais qu’il n’avait pas respecté ses propres standards. Le dynamitage n’était alors « pas le résultat d’une seule cause ou d’une seule erreur » mais bien « d’une série de décisions, d’actions et d’omissions sur une longue période ».

S’appuyant sur ces conclusions, le président du groupe minier, Simon Thompson a annoncé le retrait, « d’un commun accord », des trois dirigeants pointés du doigt. Jean-Sébastien Jacques restera en fonction jusqu’à ce qu’un successeur soit nommé ou jusqu’au 31 mars, et les deux autres dirigeants quitteront l’entreprise dès le 31 décembre, a-t-il également précisé.

« Ce qui s’est passé à Juukan est une faute et nous sommes déterminés à faire en sorte que la destruction d’un site patrimonial d’une importance archéologique et culturelle aussi exceptionnelle ne se reproduise plus jamais lors d’une opération de Rio Tinto », a déclaré Simon Thompson dans un communiqué.

« Nous avons écouté les préoccupations de nos actionnaires selon lesquels un manque de responsabilité individuelle compromet la capacité du Groupe à reconstruire cette confiance et à aller de l’avant pour mettre en oeuvre les changements ciblés par le Conseil d’Administration », a-t-il encore expliqué, soulignant sa volonté de « regagner la confiance » des communautés autochtones.

« Prendre au sérieux la gestion environnementale et sociale »

Le comité représentant les propriétaires terriens aborigènes, le NNTC, a salué ces départs, tout en soulignant qu’il ne « s’agit que d’une première étape cruciale ». « Nous espérons que cela enverra un message fort à l’ensemble du secteur minier : vous devez rejoindre le XXIe siècle et commencer à prendre au sérieux votre gestion environnementale et sociale », a déclaré son directeur général, Jamie Lowe.

Le Parlement australien poursuit de son côté sa propre enquête sur la destruction du site. L’Etat d’Australie occidentale réexamine quant à lui l’ensemble des activités minières en cours près des sites du patrimoine aborigène.

Source AFP



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