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Economie

le patronat francilien inquiet face au couvre-feu


«Un drame pour les entreprises» : le patron de la CPME Paris-Île-de-France, Bernard Cohen-Hadad, ne mâche pas ses mots. Réagissant aux annonces d’Emmanuel Macron, le chef de l’institution francilienne avoue sa surprise devant l’instauration d’un couvre-feu dans la région. «Nous espérions plutôt des mesures complémentaires, pas ce qui est, en réalité, un confinement nocturne», déclare-t-il au Figaro. La fermeture à 21h est «catastrophique pour ceux qui espéraient une reprise économique dans la durée», ajoute le représentant.

Néanmoins, le pire – un reconfinement local paralysant complètement l’activité – a été évité. Un soulagement pour les chefs d’entreprise. «Le chef de l’État a annoncé des restrictions, mais aussi des solutions. On est passé à côté d’une fermeture complète. On peut donc garder les entreprises ouvertes», salue Bernard Cohen-Hadad. La CPME francilienne, qui soutient les mesures restrictives supplémentaires – et «toutes les mesures permettant d’éviter un reconfinement général économicide» – espère d’ailleurs que ces mesures temporaires permettront de limiter la propagation de l’épidémie, menant à la disparition rapide des restrictions.

«Ce couvre-feu est un constat d’échec sur la lutte contre le virus. Mais il est aussi porteur d’espoir, car le locataire de l’Élysée a montré sa volonté de faire valoir le bon sens», nuance le représentant de l’organisation patronale. Son organisation relève que le locataire de l’Élysée a salué, durant son entretien, les engagements des différentes professions, dont les restaurateurs, pour limiter les risques de contamination au maximum dans leurs établissements. Désormais, il faut que «l’ensemble des Français et des Franciliens se responsabilisent».

Le Medef Paris partage le constat amer de la CPME. «Le président a commencé par dire qu’il était attentif à ce que l’activité économique puisse continuer. Mais il est évident que le couvre-feu à 21h, à Paris, aura des conséquences dramatiques pour toutes les activités festives nocturnes et les lieux où l’on se retrouve entre amis», commente le patron de l’organisation, Charles Znaty. Au-delà de l’aspect financier et social, c’est tout «le sel» des métropoles qui est en jeu, ajoute-t-il : «pour une grande métropole, c’est ce qui fait qu’elle vibre, vit, qu’elle est attirante, joyeuse. On ne peut pas se permettre de laisser ces activités partir à la casse». D’autant plus qu’elles recrutent massivement, y compris des personnes peu qualifiées.

«Beaucoup de professionnels sont sous le choc, ce soir», rapporte Charles Znaty. Le Medef Paris, comme la CPME IDF, compte donc travailler avec l’exécutif pour accompagner ces établissements mis en difficulté. Les dispositifs actuels «ne suffiront pas : nous allons travailler dès demain matin avec les autorités pour empêcher ces entreprises de s’effondrer», en réfléchissant à des «dispositifs d’aide» complémentaires, déclare le chef du Medef à Paris.

Prudence face au télétravail

Les représentants patronaux restent sur leur garde quant à l’appel à renforcer le télétravail dans la région. «Toutes les activités économiques ne sont pas télétravaillables», rappellent-ils, ajoutant que cette solution «ne convient pas à tous les publics». «Il y a parfois du mal-être dans le télétravail. C’est pour cela qu’il faut effectivement valoriser le bon sens, le cas par cas», suggère Bernard Cohen-Hadad. Une prudence d’autant plus nécessaire que les leçons du confinement et du télétravail forcé n’ont pas encore été suffisamment digérées. «Quand cela est possible, nous sensibilisons nos adhérents au télétravail et encourageons les roulements d’équipe ou l’obtention d’outils numériques nécessaires pour travailler à distance. Il faut aussi faire les formations nécessaires et protéger la vie privée des salariés», met en garde la CPME francilienne.

À Paris, le Medef s’élevait surtout contre le 100% télétravail. «Nous avons été entendus», se félicite Charles Znaty. «Le télétravail devra se négocier au plus près du terrain», dans un travail en dentelle avec les partenaires sociaux, déclare le représentant patronal. Tout est une question d’équilibre, entre la nécessaire promotion du travail à distance et le maintien d’une présence physique au bureau, indispensable pour le bon équilibre moral des travailleurs et la survie des commerces à proximité des entreprises, plaident les organisations.

Dans les transports, certains détails techniques devront aussi être précisés, ajoute le Medef. «Une personne qui ne peut partir à 21h, qui doit ranger, nettoyer, un veilleur de nuit, une infirmière, eux devront continuer de travailler tard. Cela veut dire que les entreprises risquent de devoir fournir des justificatifs à leurs collaborateurs pour qu’ils puissent se déplacer» après le couvre-feu, hasarde Charles Znaty. Un «détail» qui pourrait bien signifier le retour des fameuses attestations pour se déplacer librement après 21h. De plus amples précisions sont attendues jeudi, à 14h, lors d’un point presse de l’exécutif.



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